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Où sont passés les moineaux ?

Il n’y a pas si longtemps que ça, les moineaux conversaient dans nos villes et nos campagnes dans un concert cacophonique permanent. Ces oiseaux, très appréciés par certains, et décriés par d’autres à l’époque parce que bruyants, trop nombreux et « pillant » les champs de céréales, ont finalement presque disparu de certains coins de France. C’est aussi le cas dans notre quartier.moineaux_1

Moineau signifie «petit moine». Cela vient du fait que, comme les moines, il porte sur sa tête une «capuche». Et l’adjectif «domestique» vient du fait qu’il est intrinsèquement lié à la présence de l’Homme. C’est ce qu’on appelle le commensalisme. La vie de ce passereau dépend uniquement de l’habitat, de la nourriture ou des plantations faites par l’Homme, et ce depuis que l’Homme s’est sédentarisé à la préhistoire, devenant agriculteur. Et vous l’aurez compris, si l’homme modifie un des éléments de son environnement, cela impacte nécessairement la vie de ces oiseaux. Jusque là, le moineau s’est adapté aux évolutions de vie des Hommes (urbanisation, maîtrise de la nature, etc.) mais la chute de sa population depuis plus de 30 ans est telle que les scientifiques se penchent sérieusement sur la question. Que se passe-t-il ?

  • Certains chercheurs mettent en avant la disparition de leur habitat et de leurs lieux de nidification tant en ville qu’à la campagne. Les haies bocagères ont largement été arrachées à la campagne à la faveur du remembrement agricole. En ville et dans les jardins, les haies hautes laissent souvent la place au bambou, au brise-vue en bois ou à de petits arbustes ou fleurs. Par ailleurs, les constructions modernes n’offrent pratiquement plus de sites de nidification et les rénovations de bâtiments détruisent les cavités existantes. Le recul des espaces verts diversifiés dans les agglomérations n’offre plus beaucoup d’insectes et de graines aux moineaux qui doivent se rabattre sur les déchets alimentaires humains.
  • En ville, les restes de nourriture trop grasse des humains qu’ingurgitent les moineaux sont trop riches en glucides et trop pauvres en protéines. Cela a pour impact de fragiliser les oisillons (trop gras et trop petits). Il y a donc une surmortalité avant l’atteinte de l’âge adulte.
  • Certains avancent également la pollution sonore. Le bruit de plus en plus présent dans les villes (de plus en plus de voitures, d’habitants, etc.) vient couvrir les piaillements des piafs. La communication passe mal entre les membres du groupe, notamment en cas d’alerte. Leur vigilance diminue. Ils se font plus facilement attraper par les prédateurs (faucons, chats, corneilles, etc.)
  • D’autres évoquent des problèmes liés aux champs électromagnétiques. Cette question qui secoue nos sociétés humaines, entre également dans le débat concernant les moineaux. Les ondes envoyées par les pylônes de téléphonie mobile interféreraient avec leur système nerveux et influeraient sur leur système reproductif. De plus, dans les zones trop exposées, les oiseaux abandonneraient leur progéniture en cessant de les nourrir.moineaux_2
  • Enfin, l‘utilisation de plus en plus présente d’insecticides et d’herbicides tue les ressources en nourriture des oiseaux. Il n’y a plus assez d’insectes et plus de « mauvaises herbes » à graines dont les piafs raffolent. En Grande-Bretagne, l’espèce a dû être placée sur la liste rouge des espèces menacées. En Suisse, la population a baissé de 40% en 30 ans. On pourrait continuer notre tour d’Europe, le constat serait toujours le même. En France, le moineau n’est pas encore considéré en voie de disparition. Il est néanmoins placé sur la liste des espèces protégées.

Aujourd’hui aucune réponse définitive ne peut être apportée mais toutes ces pistes sont sérieuses et continuent d’être étudiées.