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De la pioche au sel

Une perturbation neigeuse est passée il y a peu en Ile-de-France. C’est, à chaque fois, un même rituel : le salage des routes, principe de précaution oblige. Cette technique pour faire fondre la neige est arrivée assez tardivement en France. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, on balayait (l’équivalent du verbe « déneiger » aujourd’hui) la neige et on sablait les chaussées jusqu’à un certain hiver 1879-1880.

En ce mois de décembre 1879, un froid terrible s’abat sur toute la France. Les températures atteignent des niveaux polaires (jusqu’à -28°C). Cet hiver fut le plus rigoureux du siècle, et surtout le plus dévastateur, car la majeure partie des végétaux furent détruits ou très endommagés. On voit à Paris, sur la Seine des glaçons de  plus d’un mètre d’épaisseur.

Le froid perturbe aussi la vie publique, pendant plusieurs semaines. Le musée du Louvre doit fermé ses portes durant quinze jours pour déneiger les alentours mais plus surement car ses calorifères (chauffages de l’époque) ne fonctionnaient pas correctement.

Le 11 décembre, environ 40 000 véhicules et 10 à 11 000 chevaux sont employés pour dégager la neige des grands axes. Des « décharges publiques » sont même réquisitionnées pour recevoir toute la neige. Mais le travail de déneigement est extrêmement lent. Pour enlever la neige, tous les moyens sont bons : à la pelle, à la pioche, à la herse ! La circulation devient impossible. Fin décembre, la situation est donc quasi désespérée et la capitale est paralysée !

Le 24 décembre 1879, on utilise, pour la première fois, du sel : « Enfin le sel a été expérimenté avant-hier dans l’avenue de Clichy. Il a donné d’assez bons résultats. C’est grâce à son emploi que les tramways de la Villette au Trône marchent en ce moment ». Si les chaussées empierrées et certaines allées conservent l’ancien système de balayage ou de sablage, les autres axes sont, eux, salés ainsi que les voies de tramway. On demande également aux commerçants et aux riverains de balayer la neige devant leur porte pour faciliter le travail. De là viendrait peut-être l’expression « balayer devant sa porte » ?

Après ce terrible hiver 1879, de nombreuses municipalités décident de commander avant chaque saison hivernale du sel en grande quantité (plusieurs centaines de tonnes). Ainsi à Créteil, les principaux axes sont salés lors des épisodes neigeux et un arrêté municipale impose aux riverains de balayer la neige devant leur maison, sur les trottoirs jusqu’au caniveau. En cas de verglas, ils jetteront du sable, des cendres, de la sciure de bois ou du sel au droit de leur habitation, à l’exception, pour le sel, des zones d’espaces verts.

Lors de fortes chutes de neige ou d’épisodes de verglas, plusieurs rues en côte deviennent inutilisables. La rue du moulin Berson qui permet d’accéder à l’île Sainte-Catherine est alors fortement déconseillée aux véhicules.  La passerelle permettant de circuler entre les 2 îles est ouverte pour proposer un itinéraire plus sécurisé. D’autres rues deviennent dangereuses à la circulation : les rues du sergent Bobillot, du Moulin, Robert Legeay, Monfray et quelques autres encore. Mais si vous êtes bien préparés à un épisode hivernal tout devrait glisser comme sur des roulettes…

La Ville tient à la disposition des habitants de plus de 60 ans, propriétaires d’un pavillon, du sel de  déneigement. Ceux-ci sont invités à se présenter au service de la Voirie, 32, rue de Mesly, les lundi, mercredi et vendredi, de 8h30 à 11h30. Les personnes éprouvant des difficultés à se déplacer peuvent être livrées en téléphonant au 01 48 98 43 90 ou en passant par le canal des relais-mairie.