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Les boîtes noires de Cawa Sorix

Ce mammifère volant est confronté bien malgré lui à tout un tas de rumeurs, de peurs et d’idées reçues. Il s’attaque aux hommes pour se nourrir en les mordant et en suçant leur sang. Il s’accroche aux cheveux. Il ravage les endroits où il élit domicile et prolifère à vitesse grand V… Bien entendu, il n’est rien de tout cela !

Chauve-souris est un mot composé issu du bas latin « cawa sorix » qui signifie « chouette souris ». On comprend mieux le lien que l’homme voyait dans cet animal, entre l’oiseau et le mammifère. Puis la langue évoluant au fil des siècles, « cawa sorix » s’est transformé en « calves sorices » qui signifie chauve-souris. Calvus a donné « chauve » ou « calvitie ».

La chauve-souris n’est pas chauve, on l’aura compris par son étymologie. Mais elle n’est pas non plus une souris. Elle n’appartient d’ailleurs pas à la famille des rongeurs mais à la famille des chiroptères (chiro- se rapportant à la main et –ptère aux ailes). C’est un mammifère qui compte plus d’un millier d’espèces dans le monde. C’est le 2ème ordre après les rongeurs. Il en existe partout sur la planète sauf dans les zones trop froides.

L’animal est essentiellement nocturne. En Europe, il se nourrit d’insectes (moucherons, moustiques et autres nuisibles) et peut, pour certaines espèces, se diriger par écholocalisation, essentiellement pour chasser. Ce système lié à son oreille interne fait qu’une chauve-souris ne se jettera pas sur vous ou dans vos cheveux. Le reste du temps la chauve-souris utilise sa très bonne ouïe et sa vision adaptée aux sorties nocturnes. Les  chiroptères n’aiment ni le froid, ni les courants d’air. C’est pour cette raison qu’ils s’abritent dans des endroits  secs et isolés comme les grottes, les dessous de toiture de granges ou de clochers, les trous dans les vieux arbres. C’est aussi pour cela qu’ils hibernent.

Loin de pulluler, la chauve-souris ne fait qu’un petit par an. Les colonies ne se peuplent pas très rapidement. Ajoutons à cela la diminution du nombre d’insectes et la disparition de son habitat, et tous les ingrédients sont réunis pour placer la chauve-souris parmi les espèces en déclin, voire en menace de disparition, en tout cas en France.

Certains refusent cette fatalité. Et notamment sur nos rives de Marne. Le long du Bras du Chapitre, des boîtes d’accueil ont été installées pour héberger ces hôtes si utiles. Elles sont en haut des troncs d’arbres. Et elles sont noires forcément, puisque c’est la couleur que nous associons à ces mammifères volants.

L’utilité de ces abris a été prouvée à plusieurs reprises. Des expériences ont par exemple été menées en Floride aux Etats-Unis en aménageant des espaces dédiés à cet animal. Les résultats sont impressionnants. Non seulement les chauves-souris sont revenues mais elles ont permis de réguler les populations d’insectes. Le fléau des moustiques qu’a connu cet État américain a alors cessé. Et des économies substantielles ont été réalisées en stoppant l’utilisation des produits chimiques insecticides.