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La rue du barrage

Cette rue très pentue part de la route départementale 19 (rue du Général Leclerc) jusqu’au début du Bras du Chapitre. Et en bas se trouve la base de Canoë-Kayak de l’US Créteil et le Cercle de Voile. La confluence du Morbras (dont nous avons déjà parlé dans la gazette n°31) et de la Marne s’effectuait en bas de cette rue et séparait Créteil, sur le continent, de Bonneuil, de l’autre côté du Morbras, sur l’île Barbière. Cette partie du Morbras a disparu, l’île Barbière aussi, de fait.

Le flux de la Marne arrivant dans le bras du Chapitre additionné du flux du Morbras peu puissant ne suffisait plus à faire tourner convenablement les 3 moulins de Créteil qui se trouvaient sur le petit bras de Marne. Les 3 propriétaires se sont alors unis au début du 19ème siècle pour faire construire un barrage sur la « grande » Marne à l’entrée du bras du Chapitre et ainsi diriger un flux d’eau plus important vers leur outil de travail. En fait de barrage, il s’agissait plutôt d’une digue de 126 mètres édifiée en travers de la rivière, comprenant un pertuis de 12 mètres de large et munie d’une porte marinière pour le passage des bateaux.

A la fin du 19ème siècle, dans le cadre du lotissement de ce coin de Créteil, la rue prend tout naturellement le nom de « rue du barrage » puisque c’est celle qui mène au barrage.

Les moulins avaient tous disparu au début du 20ème siècle. Le barrage n’ayant plus d’utilité commerciale et rendant la navigation des péniches plus difficile, la décision fut prise de le détruire. Cela allait également faciliter le développement du port de Bonneuil.

Le vitrail de l’île Brise-Pain

Une chapelle ? Un établissement religieux ? Un béguinage ? Une secte peut-être ? Les promeneurs, nombreux sur nos îles dès le retour des beaux jours, s’arrêtent médusés devant le vitrail du 7 de l’allée Centrale et s’interrogent, dubitatifs Mais ce n’est rien de tout ça, bien sûr, et l’histoire de ce vitrail est plus originale encore !

Réalisé en 1901, comme en attestait la date gravée sur le chapiteau qui le soutenait, le vitrail met en scène Marie et Joseph présentant Jésus aux docteurs de la Loi. Philippe et Michèle Devisme en ont fait l’acquisition en 1982 pour servir de jonction entre leur maison et son extension.

Quelques jours après l’installation du vitrail (*), Madeleine Jurgens, l’historienne-archiviste bien connue des  cristoliens, s’immobilise en passant devant leur maison et reste un moment sans voix (ce qui ne lui était pas trop habituel). Elle vient de reconnaître le vitrail sous lequel elle avait fait sa communion à l’école religieuse de ses jeunes années parisiennes. Une école située impasse des Deux Anges, dans le sixième arrondissement, et dont la petite chapelle – avec ce vitrail qui en éclairait le chœur – avait été construite au début du XXe siècle.

L’établissement sera rasé en mai 1968, sans lien apparent avec les évènements de l’époque. Il s’agissait, en fait, de permettre l’agrandissement de la faculté de médecine voisine. Le démolisseur, une entreprise basée à Yerres, conservera le vitrail pendant 14 ans, dans l’intention de le vendre, puis finira par s’en débarrasser en le cédant aux Devisme pour 6.000 francs. L’ouvrier en charge de la démolition se souvenait avoir dû conserver tous les jours, auprès de lui sur le chantier, un jerrican d’essence pour être sûr de pouvoir rentrer chaque soir. L’essence était une denrée rare en mai 68, et les réservoirs des véhicules étaient très fréquemment siphonnés…

Étonnant, n’est-ce pas, l’étrange destin de ce vitrail créé à la Belle Époque, démonté en mai 68,puis réapparu sur nos îles avec la première édition de la fête de la musique ?

(*) – Note => Le bref reportage vidéo de la mise en place du vitrail en 1982 est consultable sur « YouTube » : https://youtu.be/NDx6O1MqVzI

Le SEL de Créteil

Saviez-vous que la MJC abrite une mine de S.E.L ? Mais attention, on ne parle ni du sel de cuisine, ni de sel régénérant (quoique). Il s’agit du S.E.L, le Service d’Echange Local qui peut se consommer sans modération.

Le S.E.L de Créteil, comme tous les S.E.L de France, est une association loi 1901 à but non lucratif, gérée par des bénévoles. Les membres peuvent échanger des services, des savoir-faire, des biens ou du temps. C’est aussi un espace de rencontres, de convivialité, où chacun peut échanger selon sa disponibilité et ses envies.

Les échanges de biens et de services sont le moteur du S.E.L et les échanges humains sa motivation profonde. Un catalogue regroupe par catégorie les offres de tous les adhérents. A chacun de puiser dans ce catalogue ce qui lui convient et de se mettre en relation avec l’annonceur.

Chaque offre est évaluée en monnaie locale fictive: le « cristol ». Ce système d’évaluation permet d’établir pour chaque adhérent une « comptabilité » débit/crédit qui doit tendre vers l’équilibre. Un adhérent reçoit mais doit en  contrepartie donner de son temps.

Les membres du S.E.L, qui acquittent une cotisation de 12 euros par an, se réunissent à la MJC une fois par mois. Cette réunion permet de diffuser les informations, de consigner les échanges effectués ou à faire, d’actualiser le catalogue des services proposés et d’évaluer ces derniers. Chaque réunion se termine par un repas partagé convivial.

Si vous désirez en savoir davantage, adressez-vous à votre moteur de recherche préféré et tapez « SEL de Créteil ».

Nettoyage de rentrée du bras du chapitre

Samedi 9 septembre 2017 aura lieu le traditionnel nettoyage de rentrée du bras du chapitre qui vise à préserver ce bras de Marne et son écologie.

L’Association pour la Sauvegarde du Bras du Chapitre et de ses Abords (ASBCA) en partenariat avec le Conseil de Quartier (CQ3 / Bords de marne – val de Brie), la Goujonnette,  les jardins familiaux de la rue de la prairie, les services techniques de la ville et l’USC Canoë Kayak vous donnent rendez-vous à 9h et tout au long de la matinée au square Jullien.

Munis de bottes, de sécateurs, de grappins et en tenue adaptée, venez nous rejoindre pour enlever les algues, les branchages ou les déchets qui séjournent au fond du bras.

Une matinée au service de l’amélioration de notre environnement qui se terminera par un pique-nique dans une ambiance conviviale au Square Jullien.

L’énigme des îles de Créteil

Afin de ne pas laisser vos neurones et vos pieds s’ennuyer cet été, l’ASBCA vous propose une énigme liant l’activité cérébrale à l’activité pédestre.

Le célèbre problème des ponts de Königsberg (*), résolu par Leonhard Euler au XVIIIe siècle, a été le point de départ de la topologie (une branche féconde des mathématiques qui étudie les transformations continues des déformations spatiales).

Il s’agissait pour Euler d’expliquer pourquoi il était impossible de trouver une promenade qui permette de franchir les 7 ponts des deux îles de Königsberg (actuelle Kaliningrad), une fois et une fois seulement. Ce qui semblait évident (cf. le schéma) n’avait pourtant jamais été démontré.

Sa longue mais lumineuse démonstration aboutira à une règle simple qu’il généralisera ensuite à tous les graphes et diagrammes. Mais restons-en aux ponts et aux régions auxquelles ils conduisent :

  • Il est toujours possible de trouver au moins un itinéraire empruntant, une fois et une seule fois, tous les ponts reliant les régions à visiter, si le nombre des ponts aboutissant à chacune de ces régions est pair ;
  • Il est toujours possible de trouver au moins un itinéraire empruntant, une fois et une seule fois, tous les ponts reliant les régions à visiter, s’il n’existe que deux régions comptant un nombre impair de ponts pour y conduire, à la condition de démarrer la promenade dans une des deux régions à nombre impair de ponts ;
  • Il est impossible de trouver un itinéraire empruntant, une fois et une seule fois, tous les ponts reliant les régions à visiter, s’il existe plus de deux régions comptant un nombre impair de ponts pour y conduire.

Nos trois îles principales (Sainte-Catherine, Brisepain et La Guyère) sont reliées à Créteil, à Saint-Maur, et entre elles, par 8 ponts ou passerelles (si l’on fait abstraction du passage au dessus du barrage du Bras du Chapitre). Un nombre pair de ponts ou de passerelles aboutit à chacune des zones desservies : 2 pour Saint-Maur ; 4 pour Créteil-Village ; 4 pour l’Île Sainte-Catherine, 4 pour l’Île Brisepain et 2 pour l’Île de la Guyère. La règle-1 s’applique. On peut donc se promener dans et autour de nos îles, à pied ou en vélo, en revenant au point de départ après avoir franchi tous les ponts une seule fois, quel que soit l’endroit d’où l’on part…

Mais si l’on veut ajouter à ces 8 ponts ou passerelles, le passage au dessus du barrage du Bras du Chapitre, entre Créteil-Village et le bout de l’Île Brisepain, le nombre des accès à ces deux endroits devient impair, et la règle-2 s’applique. L’itinéraire devra alors impérativement débuter à Créteil-Village pour aboutir à l’Île Brisepain (ou l’inverse)…

Contrairement au Königsberg du XVIIIe siècle, il est donc toujours possible de se promener dans nos îles sans repasser deux fois sur le même pont. Il y a même de multiples itinéraires possibles. Nous vous laissons le  soin de les découvrir Bonnes promenades !

(*) – Note : « Tentez l’impossible !» => http://rigolmath.free.fr/ponts/ponts.htm