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Le port de Bonneuil centenaire

Sitôt franchie l’écluse de Créteil, les mariniers longent nos îles avant de s’engager dans une des darses du plus grand port fluvial d’Île-de-France après celui de Gennevilliers : 198 hectares et 4km de quais. Le port de Bonneuil, qui vient de fêter son centenaire, peut accueillir des bateaux de 1.200 tonnes, des convois poussés jusqu’à 2.500 tonnes et des trains de 850m de long. Un peu plus de 4 millions de tonnes de marchandises y transitent chaque année, dont 1 million de tonnes par voie d’eau et autant par voie ferrée.

Profitant des journées du patrimoine, le port de Bonneuil a joyeusement fêté son centième anniversaire, le 17 septembre dernier. Les stands des entreprises et des associations partenaires (dont ceux des associations nautiques de nos îles : le Yacht-Club de notre petit port de plaisance et les clubs de voile et de Canoë-kayak de l’US Créteil) étaient regroupés le long du quai du Rancy, à l’entrée de la darse Sud. Les visiteurs étaient invités à y déambuler, puis à embarquer à bord du « Francilien », le bateau à passagers du Conseil départemental du Val-de-Marne, ou à bord du remorqueur historique des « Amis du musée de Conflans », le « Triton », pour partir à la découverte du grand port.

Le soir de l’événement, un film d’une trentaine de minutes, projeté en plein air sur la façade d’un hangar, retraçait l’histoire de ce port construit rapidement à Bonneuil pendant la Grande Guerre. L’armée avait choisi  cet endroit – relié à la Seine et idéalement placé à proximité d’une ligne de chemin de fer – pour alimenter en munitions le front de la Marne. Dès octobre 1916, et jusqu’à l’Armistice, on y chargera, 24h sur 24, du matériel militaire et du charbon (800.000 tonnes en 1918 !). Puis le port végètera, et il faudra attendre le début des années 1960 et sa reprise par « Port de Paris » (aujourd’hui « Haropa-ports-de-Paris ») pour que l’activité portuaire redémarre et se développe…

Des croisières de découverte du port de Bonneuil (1h30mn à bord du « Rocca V » de « Nayptune-Marne-Croisière ») seront à nouveau organisées l’an prochain par le Comité du tourisme du Val-de-Marne.  L’embarquement se trouve à l’entrée du port, au bout du quai du Rancy.

Inscriptions, dates et horaires auprès du Comité départemental de tourisme
Tél. : 01 55 09 16 20 – www.tourisme-valdemarne.com

La rue du buisson

Cette rue tire son nom du vaste domaine du Buisson qui se trouvait à cet endroit de Créteil, à la limite de Maisons-Alfort. Elle reprend la courbe du chemin sinueux qui bordait la propriété.

L’histoire établie du lieu commence au Moyen-Age. Odette de Champdivers, dite La Petite Reine, maîtresse du roi Charles VI « le Fol », se voit offrir des terres à Créteil et y fait construire un manoir en récompense de son dévouement pour ce roi sujets à de violents accès de démence. On dit de cette femme, qu’elle a inventé les cartes à jouer pour distraire son fol amant qu’elle ne pouvait guère quitter en pleine guerre de Cent ans.

Charles et Odette de Champdivers jouant aux cartes

Le domaine, mal entretenu, se recouvre de végétation foisonnante. Le domaine n’est plus que « friche et buissons » à la fin du XVème siècle. Le lieu est alors connu des habitants sous le nom de « Gros Buisson » puis de « Buisson ». A la mort du roi, Odette tombe en disgrâce et doit s’exiler. Racheté par un Parisien, le domaine reprend vie avec la construction d’une maison des champs. La demeure, au gré des changements de propriétaire, s’étoffe, s’embellit pour devenir au XVIIIème siècle un magnifique château entouré d’un mur épais tout autour de son parc.

Les derniers propriétaires connus sont Jean-Baptiste de Chéret et son épouse qui l’occupera jusqu’à son décès en 1855. En 1856, le domaine est loti et vendu en vastes parcelles pour la construction de maisons particulières. Le château disparaît, son parc aussi. Mais demeure le souvenir de leur existence à travers le  nom de cette rue qui prendra le nom officiel de rue du Buisson par arrêté municipal en 1963.

De la pioche au sel

Une perturbation neigeuse est passée il y a peu en Ile-de-France. C’est, à chaque fois, un même rituel : le salage des routes, principe de précaution oblige. Cette technique pour faire fondre la neige est arrivée assez tardivement en France. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, on balayait (l’équivalent du verbe « déneiger » aujourd’hui) la neige et on sablait les chaussées jusqu’à un certain hiver 1879-1880.

En ce mois de décembre 1879, un froid terrible s’abat sur toute la France. Les températures atteignent des niveaux polaires (jusqu’à -28°C). Cet hiver fut le plus rigoureux du siècle, et surtout le plus dévastateur, car la majeure partie des végétaux furent détruits ou très endommagés. On voit à Paris, sur la Seine des glaçons de  plus d’un mètre d’épaisseur.

Le froid perturbe aussi la vie publique, pendant plusieurs semaines. Le musée du Louvre doit fermé ses portes durant quinze jours pour déneiger les alentours mais plus surement car ses calorifères (chauffages de l’époque) ne fonctionnaient pas correctement.

Le 11 décembre, environ 40 000 véhicules et 10 à 11 000 chevaux sont employés pour dégager la neige des grands axes. Des « décharges publiques » sont même réquisitionnées pour recevoir toute la neige. Mais le travail de déneigement est extrêmement lent. Pour enlever la neige, tous les moyens sont bons : à la pelle, à la pioche, à la herse ! La circulation devient impossible. Fin décembre, la situation est donc quasi désespérée et la capitale est paralysée !

Le 24 décembre 1879, on utilise, pour la première fois, du sel : « Enfin le sel a été expérimenté avant-hier dans l’avenue de Clichy. Il a donné d’assez bons résultats. C’est grâce à son emploi que les tramways de la Villette au Trône marchent en ce moment ». Si les chaussées empierrées et certaines allées conservent l’ancien système de balayage ou de sablage, les autres axes sont, eux, salés ainsi que les voies de tramway. On demande également aux commerçants et aux riverains de balayer la neige devant leur porte pour faciliter le travail. De là viendrait peut-être l’expression « balayer devant sa porte » ?

Après ce terrible hiver 1879, de nombreuses municipalités décident de commander avant chaque saison hivernale du sel en grande quantité (plusieurs centaines de tonnes). Ainsi à Créteil, les principaux axes sont salés lors des épisodes neigeux et un arrêté municipale impose aux riverains de balayer la neige devant leur maison, sur les trottoirs jusqu’au caniveau. En cas de verglas, ils jetteront du sable, des cendres, de la sciure de bois ou du sel au droit de leur habitation, à l’exception, pour le sel, des zones d’espaces verts.

Lors de fortes chutes de neige ou d’épisodes de verglas, plusieurs rues en côte deviennent inutilisables. La rue du moulin Berson qui permet d’accéder à l’île Sainte-Catherine est alors fortement déconseillée aux véhicules.  La passerelle permettant de circuler entre les 2 îles est ouverte pour proposer un itinéraire plus sécurisé. D’autres rues deviennent dangereuses à la circulation : les rues du sergent Bobillot, du Moulin, Robert Legeay, Monfray et quelques autres encore. Mais si vous êtes bien préparés à un épisode hivernal tout devrait glisser comme sur des roulettes…

La Ville tient à la disposition des habitants de plus de 60 ans, propriétaires d’un pavillon, du sel de  déneigement. Ceux-ci sont invités à se présenter au service de la Voirie, 32, rue de Mesly, les lundi, mercredi et vendredi, de 8h30 à 11h30. Les personnes éprouvant des difficultés à se déplacer peuvent être livrées en téléphonant au 01 48 98 43 90 ou en passant par le canal des relais-mairie.

Le Yacht Club de Créteil

François-Xavier Lesaulnier, président de l’YCDC, raconte l’histoire du port de plaisance de Créteil

Dans les années 80, les riverains se plaignaient de l’envasement du bras du Chapitre, déjà ! Les chasses ne sont pas assez efficaces pour évacuer les boues, et l’on craint que les bateaux qui stationnent le long des berges ne gênent l’écoulement du flux . . . En septembre 1989, Philippe Devisme – alors secrétaire de notre
« Association de sauvegarde du Bras du Chapitre et de ses abords » (ASBCA) – propose la création d’un port en pleine Marne pour accueillir les bateaux gênants. Un long ponton flottant est installé sous la passerelle de la Pie, et, en mars 1992, une convention est établie entre la Mairie et l’ASBCA. Elle confiait la gestion du ponton à l’association qui en percevait les loyers et devait s’acquitter des dépenses. YCC

L’ASBCA a toujours eu dans ses statuts le principe d’une présidence tournante annuelle. Bientôt ce fut mon tour. Sollicité fermement par le Conseil d’administration, je me retrouvais bombardé à la présidence de cette respectable institution. Mon bateau étant amarré au ponton. Le capitaine de l’époque, Michel Dagomer, me transmit la responsabilité de la gestion du port, et ce fut le départ d’une autre aventure…

Les plus anciens d’entre nous se souviennent des « rallyes culinaires » associant navigateurs et terriens, dans le parc de l’Île des Ravageurs. Musique, buffets géants, rires et chansons retentissaient jusque tard dans la nuit. Et les lendemains de rangement voyaient nos adhérents revenir, l’œil fatigué, partager les restes du festin.

Las, ces fêtes prirent fin un soir d’orage où les éléments déchaînés eurent raison de nos plus fortes résistances. Les musiciens trempés durent sauver ce qu’ils purent de leur matériel. Le cuisinier replia ses salades et ses tartes sous une pluie battante ! Et le responsable jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Néanmoins, notre organisation allait bon train, et le port apportait, avec la brocante, l’essentiel du financement des activités de l’ASBCA, à la satisfaction générale. C’était sans compter sur la vigilance de l’administration. Une décision préfectorale exigeait, en effet, la constitution d’une association uniquement en charge du port. La convention entre la mairie et l’ASBCA ne pouvait plus être maintenue. Il fallait une délégation de service public. Ainsi fut créé le « Yacht Club de Créteil » (YCDC), adjudicataire de cette délégation depuis août 2006.

Mais toutes les occasions (Assemblée générale, fêtes ou manifestations de l’ASBCA…) sont bonnes pour nous réunir. Et nous nous retrouvons toujours avec plaisir, entre riverains, pour évoquer ces bons souvenirs. Les liens perdurent. Ils sont le fondement même de notre ADN.

Le square Daniel Jullien

Dans un écrin de verdure où les saules, les aulnes, les frênes, les peupliers et quelques arbres bicentenaires sont rois, se cache le plus ancien jardin de Créteil : le square Jullien datant du XIXe. siècle.

SquareJullienSitué dans le quartier du Centre ancien, entre l’avenue de la République et le Chemin du Bras du Chapitre – ancien chemin de halage – ce jardin qui occupe la pente de la colline vers la rivière a été rattaché au XVIIe siècle au château de la porte de Brie.

Cette ancienne propriété du maréchal Serurier fut achetée par le maire de l’époque, M. Joly, qui y construisit dès 1858, l’usine des Eaux de Créteil. Fonctionnant à la vapeur, elle pompait directement l’eau de la Marne. Puis, purifiée, elle était entreposée dans 3 hauts réservoirs de 50.000 litres avant d’être distribuée. Plus tard démolie, le lieu est rendu à la nature à la fin du XIXe siècle.

La partie de l’avenue de la République prit rang de « square » en accueillant en 1946, la stèle dédiée au souvenir des soldats morts au combat en 1870 au Mont Mesly. L’année suivante, il portera le nom de Daniel Jullien (1918-1945), habitant de l’avenue de la République, mort en déportation

Dans le cadre de la rénovation du Bras du Chapitre, la ville de Créteil a fait appel en 1989 à deux lycées professionnels pour la construction d’un kiosque à musique. Cette initiative avait pour but de favoriser la participation de la ville à l’action éducative en rapprochant le système éducatif à des réalités économiques. Le LEP Mansart de Saint-Maur a été chargé de la réalisation de la charpente érigée à 6 m de hauteur. Quant aux travaux de couverture, ils ont été effectués par le LEP Curial de Paris.

La construction achevée en juin 1989, son inauguration fut organisée en même temps que celle du barrage du Bras du Chapitre de cette même année. Une œuvre originale d’architecture réalisée en bois selon des méthodes alliant tradition et modernisme !

Le kiosque à musique est une construction pour le divertissement, typique au XIXe et Xxe siècles, de l’aménagement des villes et des parcs, très ouverte, symétrique par rapport à l’axe central, et de plan polygonal.

Il accueille les spectacles d’artistes et les musiciens pour des concerts en plein air, en journée ou en nocturne si l’éclairage est offert. Quoique plus modeste, il est l’héritier des divers kiosques des sociétés de cour !