Accueil // Actualités // Archive by category "Histoire" (Page 3)

A l’ombre des platanes

Les platanes, ces arbres mythiques de nos villes et du bord de nos routes. Mais pourquoi ces arbres-là ? Et quand sont apparus les premiers platanes sur les bords du Bras du Chapitre ?

Platane_1Le platane est un arbre très ancien puisqu’il existait déjà au crétacé.
Aujourd’hui, 3 espèces de platanes ont été recensées sur la planète :

  • le platane d’Occident, très rare en Europe
  • le platane d’Orient, planté par les Romains en Italie
  • le platane « commun », résultat d’une hybridation entre le platane d’occident et le platane d’orient au 17ème siècle.

C’est cette dernière espèce qui est présente partout en France. Avec ses grandes feuilles ressemblant à l’érable, sa croissance rapide et son port large, l’arbre peut vivre de 500 à … 2000 ans. Surprenant ! Le plus vieux platane d’Europe connu est en Grèce. Il s’agit du platane d’Hippocrate sur l’île de Kos qui a 500 ans mais qui serait le rejeton d’un 1er platane de 2400 ans. La circonférence de son tronc fait 12m. Gigantesque ! La légende raconte que c’est sous cet arbre qu’Hippocrate enseignait la médecine à ses élèves.

L’engouement en France pour les platanes bordant les routes et les allées date du début du 19ème siècle. Et c’est Napoléon qui en est à l’origine. Encore une histoire de campagne militaire ! Engagées dans de nombreux conflits aux quatre coins du continent, les troupes de l’Empire se déplaçaient à pied dans leur grande majorité, et à cheval.

En plein soleil, ces trajets pouvaient s’avérer destructeurs pour les soldats qui arrivaient exténués sur les champs de bataille. L’empereur a donc pris la décision de planter des platanes, le long de tous les grands chemins de France, afin de protéger le plus possible ses hommes de la chaleur.
On l’aura compris, le choix de l’arbre s’est fait par rapport à la robustesse de l’espèce, à sa croissance rapide et à ses grandes feuilles qui font de l’ombre.
Platane_2Et le long du bras du Chapitre ?

L’époque des guinguettes et des escapades campagnardes des Parisiens ont fait des bords du Bras du Chapitre un endroit stratégique pour l’économie de la ville. Son embellissement est donc considéré comme essentiel et la plantation d’arbres évidente. Le platane étant à la mode, c’est cette essence qui est majoritairement choisie. Les plus vieux platanes datent du 19ème siècle.

Platane_3La 1ère guerre mondiale va modifier le paysage puisque le ministère de la guerre recense, marque et abat plusieurs arbres pour l’effort de guerre malgré l’opposition municipale.

Des campagnes d’entretien et de reboisements sont régulièrement organisées. En 1920, le conseil municipal vote le reboisement des rives du Bras du Chapitre « dans le but de rendre au Bras du Chapitre son aspect agréable ». Mais cette fois on varie les essences. Le platane n’a plus le monopole même s’il reste l’arbre le plus présent sur nos rives.

Les Bains-Douches de la rue des Ecoles

Le 28 avril 1925, après trois ans de travaux, le maire de Créteil, Paul-François Avet, réceptionne, au 16 rue des Écoles, le tout nouveau et très élégant bâtiment des bains-douches municipaux. Une grande affaire communale et sociale ! « Nous allons donner des bains-douches et des bains-baignoires à la population et lui fournir tous les accessoires à bon marché », annonce-t-il fièrement. 16 cabines de douches, 6 de bains, des thermes faïencés de blanc et vert d’eau, ornés de jolies mosaïques, un grand hall d’entrée et un logement de fonction !

bains_douches_CreteilLe jeudi, les douches et les bains sont gratuits pour les enfants des écoles et de l’orphelinat. Les ouvriers municipaux bénéficient également de cet avantage. À Créteil, bien peu de logements disposent, avant guerre, d’une baignoire ou même d’une douche. Notre commune est encore très rurale, et, pour beaucoup, l’évier et l’eau froide font l’ordinaire de la toilette.

Alors le succès est vite au rendez-vous : on va aux bains-douches en famille, régulièrement ou pour de grandes occasions. Les files d’attente s’allongent dans la rue des Écoles, en fin de semaine. Au point que, dès 1933, la commune envisage de construire, un peu plus loin, un établissement plus grand et d’y associer un lavoir. Mais le projet est abandonné en 1938.

bains_douches_tarifs

Le 10 avril 1944, un violent bombardement fait 40 victimes. Les bains-douches, l’école, la salle des fêtes sont touchés, 18 immeubles sont totalement détruits. Dès la fin des années 50, la vétusté des installations et les frais d’exploitation menacent la survie de l’établissement. Les Cristoliens sont maintenant de plus en plus nombreux à chanter sous leurs propres douches. L’activité périclitant, l’établissement sera définitivement fermé en 1971.

Alors ? Bain ou douche ?

bains_douches_1

Le bain détend et la douche… tonifie.

  • Pour le bain, dont on dit parfois qu’il nous ramène à la vie fœtale dans le confort tiède du liquide amniotique, c’est la détente qui prime. Bains moussants, huiles parfumées, musique ou même lecture, tout est bon pour y parfaire la relaxation…
  • La douche en revanche, est rapide, tonifiante et…économique : 30 à 70 litres pour une douche, 150 à 200 litres pour se prélasser au fond de sa baignoire…

L’avenue des Peupliers

L’avenue des Peupliers est la plus longue rue de l’île Sainte-Catherine. Point de passage obligé pour tout automobiliste qui souhaite accéder au bout de l’île, l’avenue des Peupliers s’appelait avant « allée des Peupliers », comme toutes les artères de l’île Sainte-Catherine d’ailleurs , toutes des allées devenues des avenues. Etrange quand on sait qu’il n’y a la place que pour une seule voiture.

En effet, on a tendance à penser qu’une avenue est une artère large bordée d’arbres. Pourtant, étymologiquement, l’avenue est à la base le participe passé du verbe « avenir » qui signifiait en vieux français « arriver ». Ainsi une avenue est une artère par laquelle on arrive. L’allée d’une propriété qui menait à un château était alors nommée « avenue » puisque c’est le chemin qui permettait « d’arriver » jusqu’à la forteresse. On pouvait donc se retrouver sur une avenue qu’on soit à pied, en voiture, à bicyclette. Le verbe est tombé en désuétude mais il nous est resté le participe passé depuis devenu un nom commun.Avenue_PeupliersAu 19ème siècle, il existait plus d’îles et d’îlots sur la Marne à Créteil qu’aujourd’hui. L’île Sainte-Catherine, telle qu’on la connaît désormais, est le résultat du comblement du bras de Villette qui a réuni l’île Sainte-Catherine au nord à l’île Ronde et l’île des Peupliers au sud. L’avenue des Peupliers tient son nom de cette dernière île. C’est effectivement à peu près où se situe cette avenue que se situait l’île des Peupliers.

Il est à noter que, si l’île des Peupliers tirait son nom de l’arbre qui la composait avec une certaine densité, il ne subsiste aujourd’hui des peupliers qu’au numéro 12 de la fameuse avenue.

L’Abbaye de Créteil : un beau rêve d’artistes

En passant devant le 37 de la rue du Moulin à Créteil, on peut se demander qui étaient ces artistes de l’Abbaye dont il reste des noms gravés sur un panneau.

Charles Vildrac, dès l’âge de 15 ans, est séduit par la poésie. Il rêve de fonder un phalanstère de jeunes artistes réunis dans une « studieuse » vie commune et proposant à la société les fruits de leurs créations. Ainsi se joignent à lui, dans cet étonnant projet, des poètes mais aussi des musiciens, des artistes aussi ésargentés qu’enthousiastes, entre autres Georges Duhamel, René Arcos et le peintre Albert Gleizes.

Sous l’impulsion de Vildrac, le groupe publia en 1906 une proclamation intitulée « Manifeste de la ligue des arts indépendants » où nous pouvons lire : « Nous stigmatisons l’art officiel, prisonnier des diplômes et des académies… Plus de concours, plus de brevets, plus de loteries… A l’inertie des maîtres du poncif, nous opposons notre combativité ».
Abbaye_CreteilC’est Charles Vildrac qui, se promenant à Créteil, découvre une vieille bâtisse isolée dans un grand parc romantique. Entre temps s’était joint un jeune admirateur plus fortuné qu’eux, Henri-Martin Barzun, prêt à promouvoir financièrement l’installation. Par chance, il trouve un typographe de métier, Lucien Linard, qui accepte de se joindre à eux pour leur apprendre le métier d’imprimeur et leur procurer une vieille presse à pédale. L’Abbaye peut enfin voir le jour ! Durant l’année 1907, des hôtes occasionnels se joignent au groupe initial : le compositeur Albert Doyen, le dessinateur Berthold Mahn, le peintre Henri Doucet, les écrivains Jules Romains, Marinetti, Théo Varlet et quelques autres.

Ces « abbés » d’un nouveau genre ont obligation de travailler quatre heures par jour à l’atelier de typographie, de jardiner à tour de rôle et de prendre tous leurs repas ensemble. Pendant 1 an, ils parviennent à imprimer une vingtaine d’ouvrages. En juillet 1907, une grande fête poétique et littéraire est organisée dans le parc.
Des poètes viennent réciter des vers et des comédiens jouer la comédie devant un public conquis. Cependant, avec l’automne, des difficultés commencent à se manifester. Le manque d’argent et le fonctionnement défaillant de leur imprimerie amènent ces jeunes artistes à mettre la clef sous la porte en janvier 1908.

La belle expérience avait duré un peu plus d’un an. Elle ne fut pas vaine car l’amitié se maintient entre ses membres. Charles Vildrac commencera une carrière théâtrale et écrira en 1920 une pièce intitulée « le paquebot Tenacity » qui tiendra l’affiche 3 ans. Georges Duhamel, lui, exercera le dur métier de chirurgien durant la 1ère guerre mondiale. Il se consacrera ensuite aux lettres et à la défense d’une civilisation « à visage humain » construite sur « le cœur » et non sur le « progrès technique ».

Nous pourrions fort bien imaginer notre Georges, passionné par les plantes, flâner le long du Bras du Chapitre près du 37 de la rue du Moulin, lieu du souvenir d’artistes qui ont su vivre pleinement cette belle utopie.

La petite histoire du tramway

Le tramway est apparu durant la première moitié du XIXe siècle, mû par la traction animale. Les premiers tramways hippomobiles sont construits aux États-Unis. Le premier tramway hippomobile de France apparaît dans le département de la Loire entre Montrond-les-Bains et Montbrison. La ligne mesure 15 km et est mis en service en 1837. Le tramway se développe alors dans de nombreuses villes d’Europe (Londres, Paris, Milan, …). Plus rapides et confortables que les omnibus (circulant sur les voies carrossables), les tramways ont un  coût d’exploitation élevé du fait de la traction animale. C’est pourquoi la traction mécanique est rapidement  développée : à vapeur dès 1873, électrique à partir de 1881.

Tramway à traction animaleLe tram électrique
Le développement de l’alimentation électrique, complexifié par l’interdiction des lignes aériennes dans certaines grandes villes, ne prend une véritable ampleur qu’à partir de 1895 à Paris et en région parisienne (tramway de Versailles). Le tramway connaît un essor considérable du début du XXe siècle jusque dans la période de l’entre-deux-guerres, avec la multiplication des lignes et l’accroissement du nombre d’usagers. C’est alors le principal moyen de transport urbain. En effet, autour des années 1910, les autobus sont encore en phase de développement, restant encore en deçà des prestations offertes par le tramway. Quant à l’automobile, elle est  encore – pour peu de temps – réservée à une clientèle aisée.

Durant les années 20, la voiture se développe. Elle incarne le progrès et devient plus rapide que les transports en commun. En parallèle les autobus deviennent plus fiables et ne nécessitent pas, contrairement au tramway, la mise en place d’une infrastructure onéreuse. Enfin, le métro, mis en place au début du XXe siècle, s’impose  comme un moyen de transport collectif fiable et populaire.

Le déclin du tramway
Le déclin du tramway commence dans l’entre-deux-guerres. En 1932 le Conseil Général d’Ile-de-France décide le remplacement des tramways par des autobus et étend cette mesure à la totalité du réseau de banlieue. Le prétexte invoqué est le dégagement de la circulation puisque l’automobile prend alors un essor considérable. Durant l’après-guerre, les pouvoirs publics investissent alors surtout dans la mise en place de réseaux d’autobus, voire dans des infrastructures routières et autoroutières destinées à une automobile désormais perçue comme la marque du progrès. La priorité donnée aux aménagements routiers est illustrée par les  propos de Georges Pompidou qui déclare en 1971 que  » la ville doit s’adapter à la voiture « .

Le retour du tramway
A partir des années 70, le culte de la voiture et les problèmes croissants de congestion urbaine laissent place peu à peu à une nouvelle réflexion sur les transports, notamment provoquée par le premier choc pétrolier de 1973. Nantes est la première ville à se doter d’un tramway moderne en 1985. Suivent Grenoble, Strasbourg ou encore Rouen et Lyon. En Ile-de-France, le retour du tramway se fait entre Bobigny et Saint-Denis en 1992. Le projet du tramway des Maréchaux est lancé en 1995.

Tramaway moderneLe tramway de Grenoble inauguré en 1988 apportera comme innovation majeure le plancher bas, rendant ce mode de transport accessible aux personnes à mobilité réduite (ce qui n’était alors pas le cas à Nantes) sans la nécessité de recourir aux quais hauts. Le tramway incarne désormais la modernité et une façon de voyager propre et silencieuse.