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Ma Maison

Ma maison ne tient pas en place
Normal. Je suis un escargot
Vous pouvez me suivre à la trace
Quand je vais par monts et par vaux

Par monts…là je vous vois sourire
Le moindre caillou est un obstacle
Qu’il me faut néanmoins franchir
Il n’y a jamais de miracle

Par vaux ce n’est pas plus facile
Je dois freiner dans les descentes
Lorsqu’on transporte son domicile
Il vaut mieux éviter les pentes

Sinon on perd vite la face
Pour se retrouver sur le dos
Ma maison ne tient pas en place
Normal. Je suis un escargot

Donc je contourne les montagnes
Et reste sur le plat chemin
Je préfère bien sur la campagne
Ses beaux vergers, ses beaux jardins

Un jardin c’est un paradis
Il y pousse aussi du bonheur
Je m’y régale, je m’y blottis
J’y reste ainsi pendant des heures

C’est merveilleux quand il brouillasse
Ou qu’il est tombé un peu d’eau
Ma maison ne tient pas en place
Normal. Je suis un escargot

On m’accuse souvent de paresse
On ne me voit jamais bouger
Il faut dire que question vitesse
Je n’suis pas l’exemple à montrer

Mais je vais le long de ma route
Poursuivant la lente balade
Qui me mènera sans aucun doute
Là-bas, où pousse les salades

Laitue verte ou laitue blondasse
Entre les choux et les poireaux
Ma maison ne tient pas en place
Normal. Je suis un escargot

J’ai repéré une chenille
Et j’en suis follement amoureux
Hier, je sors de ma coquille
Pour lui faire de tendres aveux

Elle m’a repoussé non de non !
Elle m’a dit, mais d’un ton odieux
« Regarde un peu ton cabanon
Il n’y a même pas de place pour deux ! »

Elle a bien fait toute honte bue
Mon front ne s’ra pas celui qu’orne
Une réputation de cocu
Je suis déjà une bête à corne

Enfants voici les bœufs qui passent
C’est un vers de Victor Hugo
Ma maison ne tient pas en place
Normal. Je suis un escargot

Mais voici que Noël approche
Ils vont rôtir moult gigots
Rôtir des dindes à la broche
Sans épargner les escargots

Mais ma mère me l’a souvent dit
Mon fils, il t’arrivera malheur
Si tu rôdes autour du persil
Car il parait qu’avec du beurre…

Je tiens compte de la menace
Il ne s’agit pas de ragots
Ma maison ne tient pas en place
Normal. Je suis un escargot

Alors je vais passer l’hiver
A l’abri dans ma résidence
Je reviendrai aux primevères
Soyez sage pendant mon absence

Mais moi j’ai de quoi me loger
Contrairement à ces charançons
Qui ne savent jamais où coucher
Et dorment sur des paillassons

Je ne suis pas comme la limace
Qui s’promène avec rien sur l’dos
Moi ma maison est bien en place
Je m’y retire … et à bientôt

Raymond Segal
Aclam. Créteil

La rue Monfray

La rue Monfray part de la rue du Général Leclerc (la rue des commerces de Créteil Village) au niveau de la porte de Brie et de son parking et va jusqu’au chemin du Bras du Chapitre et la passerelle verte qui mène à l’île Sainte-Catherine.

La rue s’est d’abord appelée « chemin de derrière les murs » en raison de sa proximité avec le mur qui cernait le village de Créteil au 18ème siècle. Au 19ème siècle, elle prend le nom de « La Ruelle » puis de « rue de la Ruelle ». Elle sera baptisée « rue Monfray » par décision du conseil municipal le 21 février 1885.

Derrière ce nom se cache un médecin, le Docteur Jean-Pierre Monfray, philanthrope et altruiste. Né en 1796 à  Aix-en-Provence, il finit ses études de médecine et « monte » à Paris où il est recruté par le maire de Créteil  en 1820.

MonfrayA l’époque, de nombreux cristoliens mourraient d’épidémies de variole, de rougeole et de petite vérole. Le docteur Monfray met toute son énergie à soigner, vacciner et consoler les malades et les familles de Créteil. Il  ne rechigne jamais devant la tâche, notamment en 1832 lorsque le choléra frappe durement la population.

Lorsqu’il meurt en 1874 à l’âge de 77 ans, la population est sous le choc. La municipalité lui rend hommage et vote le 20 juillet de la même année l’érection d’un monument. Une collecte est organisée auprès des habitants et permet, deux ans plus tard, l’installation d’un buste en bronze sur piédestal en granit au nom « des  habitants de Créteil et Bonneuil reconnaissants » sur la place Henri Dunant devant la mairie de l’époque.

Il est réquisitionné par les nazis en janvier 1942 et fondu pour l’effort de guerre. La ville de Créteil rachète en 1946 le piédestal à la mairie de Paris, alors propriétaire, et le place à l’entrée du cimetière. La mémoire de ce médecin est telle qu’en 1885, le conseil municipal décide d’attribuer son nom à la rue de la Ruelle: la « Rue Monfray ».

Les jardins familiaux

Mais qu’est-ce qu’un jardin familial ?
Le code rural donne une définition juridique des jardins familiaux (extrait de l’article L561-1) : Peuvent être dénommés “jardins familiaux”, des terrains divisés en parcelles, lesquelles  sont affectées à des particuliers y  JF_1pratiquant le jardinage pour leurs propres besoins et ceux de leur famille, à l’exclusion de tout usage commercial.

Tous les jardins répondant à ces critères, quelle que soit leur dénomination, sont assimilés à des jardins familiaux. L’affectation d’une parcelle résulte du contrat d’adhésion à l’association qui est chargée de gérer le groupe de jardins familiaux considéré et éventuellement d’y entreprendre des actions pédagogiques et de  vulgarisation horticole.

Un peu d’histoire
Le terme  » jardin ouvrier  » fut inventé par l’abbé Lemire en 1896. Au début, les jardins étaient en effet destinés à  la population ouvrière. Au fil des ans, la nouvelle composition sociale des locataires fut à l’origine d’une nouvelle appellation : les  » jardins familiaux « . Cette appellation est celle qui fut officiellement adoptée le  26.07.1952 dans la loi destinée à codifier les normes relatives aux jardins familiaux. Cette même loi prévoyait  également l’exonération de l’impôt foncier.

La popularité des jardins familiaux atteindra son apogée lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), remède efficace contre la pénurie alimentaire. La crise économique des années 30 favorise la création de nouveaux jardins. Au cours de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), ces jardins connaissent un nouveau bond en avant.

Après-guerre, les besoins alimentaires étant comblés, les jardins connaissent une certaine désaffection. L’urbanisation galopante des années 60 marquera leur déclin. En revanche, depuis les années 90, la demande explose littéralement. Si le besoin alimentaire subsiste, la fonction des jardins évolue pour répondre aux nouveaux besoins d’une société en mutation : retrouver un lien et un contact physique avec la nature, lutter contre le stress, manger sainement, développer des relations sociales avec les autres jardiniers… Les jardins familiaux ont réinvesti le cœur des villes avec une mission : sauvegarder la biodiversité, créer et renforcer le lien  social.

Un parc de jardins familiaux étendu
La Ville dispose actuellement de plus de 100 parcelles de jardins familiaux réparties sur de nombreux sites :  dans le quartier des Bordières, avenue Laferrière, rue de Brie, rue du Petit-Bois, rue des Vignes, dans le  quartier du Mont-Mesly. D’autres suivront bientôt: rue des Caillotins, à La Habette et aux Coteaux-du-Sud.

Tout en permettant aux familles de s’adonner à un passe-temps constructif et faire des économies sur leurs achats de fruits et légumes, les jardins familiaux contribuent à resserrer les liens sociaux et améliorent la  qualité environnementale des lieux d’habitation.

JF_2Les jardiniers sont tenus de respecter la charte du « jardiner durable » qui impose des gestes et des  traitements écologiques. Des récupérateurs d’eau de pluie et des composteurs sont également prévus. Pour pouvoir bénéficier d’un jardin, les Cristoliens doivent s’inscrire sur une liste d’attente qui compte actuellement plus de quatre-vingts noms, témoin de l’attractivité de ces jardins et d’une activité liée au travail de la terre.

À ces parcelles, il faut ajouter un grand jardin familial situé rue Juliette-Savar, à proximité immédiate du château d’eau, et dont la gestion a été confiée à l’association Emmaüs pour des actions de solidarité et d’insertion. Enfin, des jardins familiaux gérés par la fédération nationale des jardins familiaux, sont implantés rue de la Prairie et rue des Écoles, et participent pleinement à l’agrément du site des bords de Marne.

La piscine Sainte Catherine

Les premières baignades en bord de Marne avaient un aspect sauvage et ne comportaient que très peu d’aménagements. Mais, chaque été, les Cristoliens se retrouvaient près du pont Noël, au « Petit Venise ». La première baignade de Créteil fût aménagée un peu en aval, le long du Bras du Chapitre Elle fonctionna jusqu’au début du siècle dernier, et un concours de natation y était organisé tous les ans entre « le Petit Cochon de Lait » et « l’Arche de Noël ».
Puis, dans les années 1920, pour répondre à la demande croissante des habitants et des Parisiens, des « baignades » privées ou municipales vont être construites au bord de la rivière. À Créteil, ce sera la « Baignade Sainte-Catherine’ – du nom de la congrégation propriétaire des îles (les religieuses de l’hôpital Sainte-Catherine, rue Saint-Denis à Paris).

La baignade Sainte-Catherine

Les bassins, entièrement maçonnés, sont encastrés dans la berge. Ils constituent, le long de la Marne, un prolongement presque naturel des quais en béton. Les établissements les plus anciens comportent seulement un filtrage mécanique à travers des couches de sable fin qui retiennent les déchets et débris organiques, tandis que les établissements plus modernes sont dotés d’un système de stérilisation de l’eau par produit chloré. La seule directive officielle impose, à l’époque, que les établissements de bains froids soient dératisés régulièrement…

PSC_2Ce sont des lieux très fréquentés les dimanches après-midi d’été. Le grand défi, c’est de traverser la Marne à la nage pour se retrouver, sur la rive d’en face, à Saint-Maur-des-Fossés. Et donc, pour profiter des joies de la baignade, mieux vaut apprendre à nager : « Je suis allée au ponton dirigé par l’Union des sauveteurs de la Marne, où on apprenait à nager en 10 leçons. On commençait dans le petit bain avec une ceinture en toile autour de la taille, reliée à une corde tenue par le moniteur. Quand on connaissait les mouvements, on longeait la Marne. Pour avoir son diplôme, il fallait la traverser à la nage et atteindre l’autre rive ».

PSC_1Mais, dès les années cinquante, la pollution (déjà !) progresse rapidement, au rythme des implantations industrielles auprès de la rivière. Les baignades en Marne sont peu à peu délaissées, au profit d’un autre type d’aménagement : les piscines artificielles !

Une piscine pour remplacer la baignade

En 1956, le conseil municipal de Créteil constate que la Baignade Sainte-Catherine est « dans un état de délabrement total… tout est dangereux pour le baigneur ! ». La ville décide alors de construire un bassin-école et un bassin dit « sportif » avec des plots de départs, un plongeoir, un tremplin, un poste de filtrage pour stériliser l’eau, et même un système de chauffage qui va permettre d’allonger la durée de fréquentation de la piscine, du printemps à l’automne.Les bassins sont revêtus d’une « mosaïque de hasard », non émaillée, blanche, sauf le dessus des margelles recouvert de carreaux moins glissants, dits « pelure d’orange ». Au fond, des bandes de 20cm de mosaïques « bleu Briare » donnent une belle couleur bleue à l’eau…

Et, le 18 juin 1966, la « Piscine Sainte-Catherine » est inaugurée. Elle connaît immédiatement une grosse affluence. Les nageurs y bénéficient, jusqu’en mi-saison, d’une eau en circuit fermé et constamment contrôlée. Il était temps, car en 1970, quatre ans plus tard, la baignade en Marne est strictement interdite par arrêté préfectoral.

PSC_3Un toit pour la piscine

Pendant treize ans, la piscine restera ouverte,en plein air. Puis, en 1979, la municipalité décide de recouvrir les deux bassins d’un vaste dôme en toile, de façon à pouvoir la chauffer l’hiver avec de gros aérothermes.
Après trois ans de travaux et de remise aux normes, la piscine est rouverte, et, désormais, utilisable toute l’année. Mais elle est maintenant réservée aux clubs sportifs de natation et aux scolaires.
Côté rivière aujourd’hui, malgré une amélioration de la qualité de l’eau de la Marne depuis 20 ans, l’interdiction de s’y baigner est maintenue. Néanmoins, le conseil général du Val-de-Marne dans son Plan Bleu et le syndicat « Marne vive », à travers le SAGE (Schéma d’Aménagement de la Gestion de l’Eau), affirment avoir pour objectif, la restauration de la baignade en Marne.

Vous souhaitez profiter de la piscine Sainte-Catherine ?

L’US Créteil propose (prix pour 1 an de pratique) :

  • de l’aquabike pour 320 € pour 1 séance de 30 mn par semaine (mardi, mercredi ou vendredi)
  • de l’aquagym pour 260 € pour 1 séance de 45 mn par semaine (lundi, mercredi, ou jeudi)
  • la natation classique pour 230 € pour 1 séance (le mardi ou vendredi)

Prévoir 100 € de plus pour 2 séances par semaine

Plus d’information sur le site www.abcnatation.fr

Victor Hugo et la lavandière

« Choses écrites à Créteil » est un poème extrait du recueil « Les chansons des rues et des bois » (1865) de Victor Hugo (1802-1885).

Ainsi notre grand poète a fait une halte à Créteil pour écrire ces dix-neuf quatrains composés d’octosyllabes aux rimes croisées. Il s’est attaché à évoquer les lavandières du Bras du Chapitre à une époque où le charme des bords de Marne attirait les artistes à Créteil.

lavandiere_1Hugo, lui, en ouvrant les yeux, a saisi la beauté et la grâce de cette lavandière « gaie et tendre ». Le tableau est bucolique et l’auteur nous entraîne, dans un registre lyrique, à partager avec lui ce moment fugace où ces  deux êtres vivent cette douce idylle, le temps d’un regard et d’un baiser.

La nature, elle aussi, participe à cet amour en offrant un cadre idéal dont le poète profite pour « conter fleurette » à la belle lavandière. Dans « les Contemplations » déjà, il avait évoqué « Rose », une autre jeune fille de vingt ans mais lui, Victor, n’en avait que seize. Il n’a pas su saisir sa chance. Depuis, comme le chante si bien Julos Beaucarne, « il y pense toujours » avec le regret de ne pas l’avoir aimée, cette belle Rose…

Laissons-nous bercer, nous aussi, par les mots de Victor Hugo et parcourons le Bras du Chapitre avec lui.

Sachez qu’hier, de ma lucarne,
J’ai vu, j’ai couvert de clins d’yeux
Une fille qui dans la Marne
Lavait des torchons radieux.

Près d’un vieux pont, dans les saulées,
Elle lavait, allait, venait ;
L’aube et la brise étaient mêlées
À la grâce de son bonnet.

Je la voyais de loin. Sa mante
L’entourait de plis palpitants.
Aux folles broussailles qu’augmente
L’intempérance du printemps,

[…]

Ces nippes, dans l’aube dorée,
Semblaient, sous l’aulne et le bouleau,
Les blancs cygnes de Cythérée
Battant de l’aile au bord de l’eau.

Des cupidons, fraîche couvée,
Me montraient son pied fait au tour ;
Sa jupe semblait relevée
Par le petit doigt de l’amour….

[…]

lavandiere_2Je quittais ma chambre d’auberge,
En souriant comme un bandit;
Et je descendis sur la berge
Qu’une herbe, glissante, verdit.

Je pris un air incendiaire
Je m’adossais contre un pilier,
Et je lui dis : « Ô lavandière !
(Blanchisseuse étant familier)

Le poème est disponible en intégralité >>>ICI<<<