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Max, le facteur passionné

Chaque jour, qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il neige, plusieurs facteurs font le tour de nos habitations pour distribuer le courrier. Annonciateurs de bonnes ou de mauvaises nouvelles, leur rôle dans nos vies est indispensable : impôts, amendes, factures mais aussi faire-parts, cartes postales ensoleillées, lettres d’amour ou magazine préféré.

La gazette est allée à la rencontre de Max SINOPE, 61 ans, facteur sur nos rives depuis bientôt 16 ans. Originaire de l’île de la Réunion, c’est pour sa compagne qu’il arrive en région parisienne. Une histoire de travail, comme souvent. Max a quitté une île pour une autre puisqu’il dessert entre autres, toutes les rues de l’île Sainte-Catherine. Ses tâches sont diverses et Max tient à le préciser : « distribution du courrier naturellement mais aussi remise de lettres et colis recommandés contre signature, vente de timbres et autres
produits postaux. Une de mes missions est d’être à l’écoute des gens en ce qui concerne le fonctionnement de la Poste ».
Max_Facteur
Une fois avoir pris connaissance de qui il est, nous le questionnons sur le quartier, sur ses liens avec les habitants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a l’air heureux dans son travail et très bien dans ce quartier. « J’ai toujours eu de bonnes relations avec les habitants. Le quartier n’évolue pas beaucoup. Mis à part quelques rares nouveaux habitants, les gens qui habitent ici y sont depuis des décennies. Il faut reconnaître que le cadre de vie est agréable. » Nous l’interrogeons sur la facilité à faire son travail. « Je n’ai jamais eu aucune difficulté à avoir accès aux habitations. La voie est toujours libre pour la distribution. »

Quand on lui demande ce qu’il apprécie le plus dans le quartier, ce qui lui vient directement à l’esprit c’est « le comportement et la gentillesse des gens ». On lui demande ensuite ce qu’il aime le moins. Mais rien ne lui vient à l’esprit. On a beau insister, rien. Et Max de nous répondre « je suis de nature positive. Je ne vois rien de négatif. » Max n’est pas du genre à se plaindre.

Avant de se quitter, nous voulons savoir si Max a un conseil ou une demande particulière à adresser aux habitants. « Restez comme vous êtes, vous me convenez parfaitement». Une véritable déclaration d’amour.

C’est le jour de l’alevinage

Le Bras du Chapitre est l’un des terrains de chasse favoris de nos amis les pêcheurs de la Goujonnette. Il n’est pas rare de croiser ici ou là un de ses adeptes quand les beaux jours reviennent, voire d’assister à l’un de ses concours de pêche. Ce matin, les voici rassemblés non pas pour ferrer le brochet mais pour mettre du poisson à l’eau: c’est le jour de l’alevinage.
Alevinage_1
L’alevinage consiste à mettre des jeunes poissons à l’eau pour « repeupler » un cours d’eau, et pour éviter la consanguinité lors de la période de frai. Le camion du pisciculteur est garé, et un attroupement de spécialistes se forme autour des caisses remplies de poissons. Là c’est le gardon. Il est en nombre : Près de 195 kilo de jeunes poissons de « 3 à 4 étés » (ainsi parlent les spécialistes, ce qui revient à dire 3 ou 4 ans), plus loin les carpes, les tanches, le brochets avec 50 kilo de chaque espèce de 2 à 3 ans. Dans un bac plus petit, 10 kilo de goujons vont également être mis à l’eau.

L‘alevinage a été préparé de longue date. La Goujonnette a dû envoyer à la fédération son projet et décrire les espèces et les quantités réintroduites, la commission d‘alevinage a donné son accord, ce qui a permis à l’association de passer sa commande au pisciculteur. Ce moment a lieu 1 fois par an et est très attendu par tous les pêcheurs.

brochet_poissonVoilà que les bacs sont transportés vers la berge et versés lentement dans la Marne. Les jeunes poissons s’éparpillent rapidement dans le Bras à la découverte de leur nouvel habitat. A l’écart reste le bac des brochets. Pourquoi ces poissons ont-ils droit à un traitement de faveur ? Car ils sont carnivores. Mis à l’eau au même endroit que les autres espèces, ils feraient des autres poissons leur petit-déjeuner avant même que les nouveaux habitants aient eu le temps de prendre leurs marques. D’ailleurs, ils sont mis à l’eau en pleinerivière à différents endroits pour éviter qu’ils s’entretuent. Charmant !Alevinage_3

Ce poisson n’est pas comme les autres. Avec ses dents acérées, il faut un fil 3 à 4 fois plus épais que pour attraper les autres espèces sinon il le coupe. Et pour le pêcher, il faut une canne spéciale équipée d’un moulinet. Enfin contrairement aux autres espèces que l’on peut capturer toute l’année, il faut respecter un calendrier. Il se pêche du 1er Mai au 31 janvier. Pêcher un brochet, ça se mérite !

Cinq espèces mises à l’eau ce jour-là, la Marne n’hébergerait-elle que si peu d’espèces ? Mais pas du tout ! Le Bras contient pas moins de 20 espèces différentes :

  • Les espèces courantes : l‘ablette, le gardon, la brême, le chevesne, la tanche, le rotengle, la carpe, le goujon, l’anguille, la perche, le sandre, le brochet, le silure, le grémille.
  • Notre bras de Marne contient également des espèces moins représentées : le carassin, l‘hotus, le barbillon, la bouvière, la perche Arc-en-ciel, et la truite.

Il y a donc du monde dans ce cours d’eau. Après un moment consacré au rangement, voici nos amis pêcheurs qui se dispersent. Rendez-vous est pris en avril, en juin et en septembre pour les différents concours.

Un conseil : si vous les croisez en plein concours, soyez discret car le poisson ne mort pas quand il y a du bruit. Le bon moment pour en apprendre de nos amis pêcheurs ? C’est le jour de l‘alevinage.

Nettoyage du Bras : petite sociologie des déchets

C’est le samedi 05 septembre dernier, qu’un petit nombre de bénévoles s’est retrouvé aux alentours de 9 heures pour faire le deuxième nettoyage de l’année. Le premier avait eu lieu au mois d’avril.

Des membres de l’ASBCA, des pêcheurs de la Goujonnette, des jardiniers de la rue de la Prairie et des habitants du quartier ont chaussé les bottes, enfilé les gants et se sont armés de coupe-branches, de grappins et de sacs poubelles pour venir à bout du moindre déchet. Et tous ces déchets en disent long sur les activités humaines qui se déroulent le long du bras.  NB_1 Trois activités essentielles : l’apéro, le pique-nique et la satisfaction de besoins naturels. De nombreux amas de bouteilles et de cannettes de bière, de champagne, de sodas ainsi que des emballages en plastique de gâteaux apéritifs et de barres chocolatées ont été ramassés. Nous avons également trouvé des emballages de sandwich et des couverts en plastique. Et enfin, beaucoup de lingettes et de mouchoirs en papier ont rempli nos sacs poubelles. Et plus nous nous approchions des ponts, plus il y avait de déchets.

Voici la durée de vie de certains déchets dans la nature :

  • Mouchoir en papier – 3 mois
  • Papier de bonbon – 5 ans
  • Cannette en aluminium – de 200 à 500 ans
  • Lingette – 450 ans
  • Sac en plastique – 450 ans
  • Bouteille en plastique – de 100 à 1000 ans
  • Verre – 4000 à 5000 ans
  • Pneu – non biodégradable

NB_2Il est important de signaler que des déchets de construction ont également été abandonnés sur les rives (sacs de plâtre vides, gravats, etc.) mais toujours près des poubelles publiques, alors que la législation impose le dépôt de ces détritus en déchetterie.

Cette fois encore, de « grosses prises » au NB_3menu puisqu’il a été remonté du fond du bras, près du pont Noël, une chaise de salon de jardin, des pneus brûlés et un cadre de scooter. Objets volés ? Ou « jeu » pour des enfants en mal de sensations ? Effectivement un habitant a récemment permis d’éviter que des enfants jettent par-dessus le pont Noël un caddie « emprunté » dans une supérette de Créteil Village. Ces enfants voulaient «  s’amuser » !

Ces gros objets sont toujours repêchés près des ponts, là où d’autres enfants bravent les  interdictions de se baigner et plongent des passerelles sans mesurer le danger qui gît parfois sous leurs pieds. Le nettoyage du bras n’est donc pas seulement un acte d’amélioration du cadre de vie ou un acte écologique. C’est aussi un acte de sécurisation essentiel.

Le prochain nettoyage aura lieu le 2 avril 2014 à partir de 10h, tous les courageux et amoureux de la nature sont cordialement invités à y participer. Les informations sur l’évènement sont disponible sur >>>ICI<<<

Victor Hugo et la lavandière

« Choses écrites à Créteil » est un poème extrait du recueil « Les chansons des rues et des bois » (1865) de Victor Hugo (1802-1885).

Ainsi notre grand poète a fait une halte à Créteil pour écrire ces dix-neuf quatrains composés d’octosyllabes aux rimes croisées. Il s’est attaché à évoquer les lavandières du Bras du Chapitre à une époque où le charme des bords de Marne attirait les artistes à Créteil.

lavandiere_1Hugo, lui, en ouvrant les yeux, a saisi la beauté et la grâce de cette lavandière « gaie et tendre ». Le tableau est bucolique et l’auteur nous entraîne, dans un registre lyrique, à partager avec lui ce moment fugace où ces  deux êtres vivent cette douce idylle, le temps d’un regard et d’un baiser.

La nature, elle aussi, participe à cet amour en offrant un cadre idéal dont le poète profite pour « conter fleurette » à la belle lavandière. Dans « les Contemplations » déjà, il avait évoqué « Rose », une autre jeune fille de vingt ans mais lui, Victor, n’en avait que seize. Il n’a pas su saisir sa chance. Depuis, comme le chante si bien Julos Beaucarne, « il y pense toujours » avec le regret de ne pas l’avoir aimée, cette belle Rose…

Laissons-nous bercer, nous aussi, par les mots de Victor Hugo et parcourons le Bras du Chapitre avec lui.

Sachez qu’hier, de ma lucarne,
J’ai vu, j’ai couvert de clins d’yeux
Une fille qui dans la Marne
Lavait des torchons radieux.

Près d’un vieux pont, dans les saulées,
Elle lavait, allait, venait ;
L’aube et la brise étaient mêlées
À la grâce de son bonnet.

Je la voyais de loin. Sa mante
L’entourait de plis palpitants.
Aux folles broussailles qu’augmente
L’intempérance du printemps,

[…]

Ces nippes, dans l’aube dorée,
Semblaient, sous l’aulne et le bouleau,
Les blancs cygnes de Cythérée
Battant de l’aile au bord de l’eau.

Des cupidons, fraîche couvée,
Me montraient son pied fait au tour ;
Sa jupe semblait relevée
Par le petit doigt de l’amour….

[…]

lavandiere_2Je quittais ma chambre d’auberge,
En souriant comme un bandit;
Et je descendis sur la berge
Qu’une herbe, glissante, verdit.

Je pris un air incendiaire
Je m’adossais contre un pilier,
Et je lui dis : « Ô lavandière !
(Blanchisseuse étant familier)

Le poème est disponible en intégralité >>>ICI<<<

Le plus timbré de nos voisins

Il habitait au 16 de la rue du Moulin Berson. Tous les enfants du quartier connaissaient son garage. Ils lui apportaient les timbres qu’ils parvenaient à rassembler et, en échange, monsieur Mauquest leur ouvrait sa boîte de bonbons. Et pourtant monsieur Mauquest n’était pas timbré. Son incroyable production de fleurs artificielles en timbres-poste lui avait même valu une médaille d’or au concours Lépine de 1933…

Fleur artificielle faite de 80 timbres par
Monsieur Mauquest (Photo PJL)

Un pot de colle, une paire de ciseaux, du fil de fer, une pince coupante et un gros sac de timbres (oblitérés, faut-il le préciser). Attablé au fond de son atelier, portes grandes ouvertes sur la rue, monsieur Mauquest triait ses timbres (les verts pour les troncs et le feuillage, les autres couleurs pour les fleurs) ; puis il coupait, découpait, pliait, assemblait et collait ses pétales et ses feuilles improbables sur de longues tiges nrubannées.

Bien sûr, il vendait sa production. Et mon petit bouquet de 80 timbres postes est bien modeste comparé au magnifique arbuste, de plusieurs milliers de timbres, offert à la mairie. Ce chef d’œuvre est exposé dans l’entrée de la Maison du combattant et bien visible depuis l’extérieur.