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Le bambou

Le bambou est très présent sur nos îles dont il apprécie le sol humide.Certaines espèces peuvent y atteindre 5 cm de diamètre et 10 mètres de haut. Nous avons souhaité vous faire découvrir certaines facettes de cette plante extraordinaire.

Le bambou est une herbe préhistorique. Il appartient à la famille des graminées qui contient aussi le blé, le maïs, la canne à sucre Il serait apparu au Crétacé, il y a plus de 100 millions d’années, en Inde, en Birmanie et en Indonésie. Les bambous forment une catégorie à part, caractérisée par leurs tiges ligneuses (seules graminées à ne pas être herbacées). Les tiges des bambous sont vertes car elles contiennent beaucoup de chlorophylle, et représentent une surface de premier plan pour la photosynthèse.

Le bambou est composé d’une tige appelée chaume, de feuillage et d’un système racinaire appelé rhizome. Le chaume est creux sauf au niveau des nœuds. Les branches prennent leur naissance au niveau des nœuds.

Il y a plus de 1200 espèces de bambous. Elles sont réparties principalement dans les régions tropicales et subtropicales, pour les deux tiers en Asie. Le continent américain possède environ 300 espèces. Il existe des bambous nains qui couvrent le sol comme les herbes et des bambous géants de plus de 30 mètres de haut et de 25 à 30 cm de diamètre à la base. La plupart des bambous poussent sous des températures variant entre 9 et 36 degrés. Pourtant certaines espèces supportent des températures minimales de -18 degrés. Son étonnante capacité d’adaptation permet de le trouver jusqu’à 4000 mètres d’altitude. On distingue souvent les bambous selon leur manière de se multiplier : certains, dits cespiteux, se développent en touffes, d’autres sont dits traçants à cause de l’avancée rapide de leur rhizome.

Attention !!!

Les bambous traçants sont extrêment difficiles à contenir sans protection adéquate. Si vous ne souhaitez pas ternir les relations avec vos voisins pour cause d’envahissement, respectez les consignes énumérées sur cette page :

Bambou : ne vous laissez pas envahir

Sinon, vous n’avez plus qu’à faire venir un tracto-pelle pour sortir les rhizomes de terre si le mal est fait…

Le bambou sort de terre avec son diamètre définitif, de façon télescopique. Il croît de 10 à 50 cm par jour, selon les espèces, le record étant de 1,20 mètre en 24 heures. Lorsqu’elle sort de terre, la jeune pousse est tellement tendre qu’on peut la consommer (après l’avoir fait bouillir pour décomposer le glycoside cyanogène).

A la différence de l’arbre dont le tronc s’épaissit vers l’extérieur, la tige du bambou (chaume) va progressivement s’épaissir jusqu’à sa maturité par l’intérieur, maturité qui arrive généralement entre 3 et 4 ans. A la différence des arbres, les bambous sont dépourvus d’écorce. Leur surface extérieure est extrêmement lisse et résistante grâce à la silice et à la cire secrétée par l’épiderme.

Le bambou a une résistance hors du commun. Le chaume comprend environ 40% de fibres verticales serrées (représentant 60% de son poids), qui lui donnent ses principales qualités : flexibilité, élasticité, et grande résistance à la traction. On l’utilise pour les échafaudages pour la construction de gratte-ciels à Hong Kong. L’échafaudage le plus haut jamais réalisé en bambou avoisine les 400 mètres ! Souvent, les maisons construites en bambou sont les seules à résister aux tremblements de terre grâce aux qualités de solidité et de flexibilité de l’herbacée. Le bambou acquiert au cours de sa maturité une dureté exceptionnelle grâce à la lignification des cellules et à la silice contenue dans la paroi externe.

La résistance mécanique du bambou est comparable à celle de l’érable. Sa dureté est souvent comparée à celle du chêne. En terme de traction, dans le sens du bambou, sa résistance est exceptionnelle et comparable à celle de l’acier. A ce titre, le bambou est parfois substitué à l’acier dans le béton armé.

Le bambou présente de nombreuses qualités pour la protection de l’environnement : le bambou est exploitable au bout d’un an pour la fabrication de papier et de trois ans pour la construction, alors que quinze à trente ans sont nécessaires pour le pin et 60 ans pour le chêne. L’utilisation de bambou à la place du bois diminue donc considérablement la pression sur la forêt. On considère qu’en moyenne le rendement d’une bambouseraie est 25 fois supérieur à celui d’une forêt de même superficie. Le charbon de bambou peut aussi être utilisé en remplacement du charbon de bois comme combustible ou absorbeur d’odeur et d’humidité.

Dans la cour de l’école vrombissaient les hannetons…

Le printemps 1952 était un vrai printemps à l’ancienne. Sur les trottoirs, au pied des murs, au droit des caniveaux, les serfouettes des cantonniers traquaient au ras des racines, les pissenlits en jaune et les touffes des plantains. C’était le printemps et ça mettait en énergie allègre les gambettes des écoliers et les élytres bruns des hannetons qui vrombissaient sous les marronniers en fleurs.Lesté par sa pesante besace d’écolier, la poche gauche de son short gonflée par la présence insolite d’une petite boîte en fer blanc, un petit garçon de Créteil, myope mais guilleret se dirigeait allègrement vers sa chère école Victor Hugo.

La boîte lovée dans la poche de gauche était bombée et percée de dizaines de trous pour permettre la respiration de ses occupants ; la boîte était un réceptacle pour hannetons, une sorte de malle de voyage.

En ce temps-là, au printemps, les lourds coléoptères bruns voletaient en bruyantes escadrilles sous les marronniers. L’éclosion des fleurs de marronniers donnaient le signal de l’ouverture de la chasse aux hannetons et les p’tits joyeux des écoles ne se privaient pas de les faire prisonniers.

La manœuvre des vols de hannetons était une activité traditionnelle de printemps autorisée dans les cours d’école. Bien des maîtres à béret, lorsqu’ils surveillaient les récréations, suivaient les évolutions des forteresses volantes et bourdonnantes avec des regards plein de bonhommie, au souvenir du lointain temps où  ils pilotaient eux-mêmes ces bestioles ailées.

Le vol maîtrisé des hannetons était une pratique tenace que les pères, nostalgiques de leur enfance,  transmettaient fièrement à leurs fils. Les techniques fauconnières adaptées aux coléoptères s’apprenaient plus vite que les règles de grammaire. Les pilotes experts attachaient un fil à coudre à une patte des captifs. 2 mètres de liberté conditionnelle et les élytres bruns s’élançaient en vrombissant comme des bombardiers.

Mais les maîtres d’équipage ne pouvaient s’attacher à leurs cerfs-volants poilus tant leur comportement imprévisible défrisait leurs entendements juvéniles. C’était une analyse unanimement partagé par les avionneurs de hannetons qui opinaient doctement du chef à l’évocation de leurs infortunes.

Imprévisibles comme des bourdons neurasthéniques, leurs antennes massues en bélier, les hannetons changeaient souvent et brusquement de trajectoire pour aller percuter les vitres des alentours. Avec la ferveur imbécile des pilotes kamikazes, les forteresses volantes caparaçonnées n’aimaient rien moins qu’à aller mourir en s’assommant contre les vitrages. Les hannetons étaient des insectes suicidaires. C’était inscrit dans leurs gènes. C’était leur part d’ombre antipathique.

Les loupiots ne s’y étaient pas trompé : « t’es con comme un hanneton » figurait en position éligible dans le riche registre des insultes écolières de printemps.

Les boîtes noires de Cawa Sorix

Ce mammifère volant est confronté bien malgré lui à tout un tas de rumeurs, de peurs et d’idées reçues. Il s’attaque aux hommes pour se nourrir en les mordant et en suçant leur sang. Il s’accroche aux cheveux. Il ravage les endroits où il élit domicile et prolifère à vitesse grand V… Bien entendu, il n’est rien de tout cela !

Chauve-souris est un mot composé issu du bas latin « cawa sorix » qui signifie « chouette souris ». On comprend mieux le lien que l’homme voyait dans cet animal, entre l’oiseau et le mammifère. Puis la langue évoluant au fil des siècles, « cawa sorix » s’est transformé en « calves sorices » qui signifie chauve-souris. Calvus a donné « chauve » ou « calvitie ».

La chauve-souris n’est pas chauve, on l’aura compris par son étymologie. Mais elle n’est pas non plus une souris. Elle n’appartient d’ailleurs pas à la famille des rongeurs mais à la famille des chiroptères (chiro- se rapportant à la main et –ptère aux ailes). C’est un mammifère qui compte plus d’un millier d’espèces dans le monde. C’est le 2ème ordre après les rongeurs. Il en existe partout sur la planète sauf dans les zones trop froides.

L’animal est essentiellement nocturne. En Europe, il se nourrit d’insectes (moucherons, moustiques et autres nuisibles) et peut, pour certaines espèces, se diriger par écholocalisation, essentiellement pour chasser. Ce système lié à son oreille interne fait qu’une chauve-souris ne se jettera pas sur vous ou dans vos cheveux. Le reste du temps la chauve-souris utilise sa très bonne ouïe et sa vision adaptée aux sorties nocturnes. Les  chiroptères n’aiment ni le froid, ni les courants d’air. C’est pour cette raison qu’ils s’abritent dans des endroits  secs et isolés comme les grottes, les dessous de toiture de granges ou de clochers, les trous dans les vieux arbres. C’est aussi pour cela qu’ils hibernent.

Loin de pulluler, la chauve-souris ne fait qu’un petit par an. Les colonies ne se peuplent pas très rapidement. Ajoutons à cela la diminution du nombre d’insectes et la disparition de son habitat, et tous les ingrédients sont réunis pour placer la chauve-souris parmi les espèces en déclin, voire en menace de disparition, en tout cas en France.

Certains refusent cette fatalité. Et notamment sur nos rives de Marne. Le long du Bras du Chapitre, des boîtes d’accueil ont été installées pour héberger ces hôtes si utiles. Elles sont en haut des troncs d’arbres. Et elles sont noires forcément, puisque c’est la couleur que nous associons à ces mammifères volants.

L’utilité de ces abris a été prouvée à plusieurs reprises. Des expériences ont par exemple été menées en Floride aux Etats-Unis en aménageant des espaces dédiés à cet animal. Les résultats sont impressionnants. Non seulement les chauves-souris sont revenues mais elles ont permis de réguler les populations d’insectes. Le fléau des moustiques qu’a connu cet État américain a alors cessé. Et des économies substantielles ont été réalisées en stoppant l’utilisation des produits chimiques insecticides.

Nettoyage du bras du Chapitre : une 1ère expérience

Le nettoyage du Bras du Chapitre réunit 2 fois par an des bénévoles venus des îles, du chemin du Bras du Chapitre, mais également de Créteil Village ou des amoureux des environs. Voici le témoignage d’un habitant participant pour la 1ère fois à l’opération.

J’arrive à neuf heures du matin. Il y a peu de monde au rendez-vous. Ce nettoyage est, paraît-il, moins fréquenté que le précédent. J’ai pourtant un premier étonnement : des personnes n’habitant pas le voisinage se propose de participer.

Ce matin, les conditions climatiques sont avec nous. Munis de gants et d’un sac poubelle, nous débutons, avec ma fille de 3 ans, la collecte des déchets sur les berges du Bras du Chapitre. Elle y met tout son cœur.

Les reliquats du passage de l’homme se répandent le long de la berge. J’éprouve un sentiment ambivalent entre dégoût et plaisir de remplir mon sac avec un maximum de détritus. Au bout d’une heure, nous avons rempli un premier sac que l’on dépose dans la benne prévue à cet effet. On repart à l’ouvrage en souhaitant malicieusement en remplir un second tout aussi rapidement.

Progressivement, quelques embarcations se manifestent pour un nettoyage côté rivière ; on peut même observer une pêche insolite par des hommes munis de grappins au bout d’une chaîne afin de récolter, à l’aveugle quelques ordures sous Une fois les déchets d’origine humaine ramassés, je décide modestement de participer à l’arrachage de l’importune renouée du Japon, plante dont je découvre l’existence (ndlr voir gazette n°33). Après 3 heures d’effort, la matinée s’achève, rassérénée, sur un casse-croûte bien sympathique avec l’ensemble des participants

En dehors de son utilité évidente, le nettoyage du Bras du Chapitre ne connaît pas l’ennui, il allie activité physique, une meilleure connaissance de notre environnement et convivialité. Je participerai au prochain.

Un apiculteur amateur contemplatif

Michel Bertrand, apiculteur Cristolien, sous-espèce amateur, sous-sous-espèce amateur contemplatif.

C’est en pratiquant que l’on se forme. Et à ceux qui n’ont jamais affronté un essaim en colère, il manque quelque chose ! C’est ainsi que, par suite d’une maladroite intervention, nous avons été suivis dans la maison, chassés pièce par pièce et contraints de reconquérir pas à pas notre demeure à partir des toilettes où nous étions réfugiés, ma femme et moi. Puis, l’expérience venant, et nos enfants ayant parlé en cour de récréation de la nouvelle manie de leurs parents, nous avons eu la surprise de voir sortir des greniers des matériels prouvant que dans notre ville avaient existé de nombreux apiculteurs (1).abeille_2

Dès lors, nous avons contribué à la relance de l’activité apicole dans nos îles et sur l’ensemble de Créteil, au Parc Dupeyroux en particulier. Une dizaine d’années plus tard, après une formation d’ « Assistant Sanitaire Apicole », les services vétérinaires m’ont confié quatorze communes du Val-de-Marne où surveiller la santé de nos « mouches », comme disaient nos anciens. C’est une vraie passion qui nous fait vivre au rythme des saisons, rencontrer des passionnés et également un plaisir de partager cette passion avec les lecteurs de notre « Gazette ».

Mais laissons maintenant parler cette butineuse qui sur la planche d’envol va, pour la première fois, partir au travail. Elle est émue et son débit sera un peu haché :

J’ai 18 jours, ma famille n’a guère changé depuis le temps des dinosaures (2), je vais chercher du nectar, du pollen, de l’eau ou de la propolis. Collecter le nectar, c’est le plus beau des métiers ! J’en sais quelque chose, car j’ai déjà fait 6 métiers différents : ménagère pendant 3 jours après ma naissance, nourrice pendant 5 jours car ma glande productrice de gelée royale est développée, nettoyeuse, ventileuse, magasinière, cirière.

abeille_1Vous m’avez regardée : je pèse 1/10g. Je vais me charger à 0,05g. Je ferai 20 voyages par jour. 1kg de miel ce sera 50.000 voyages (40.000km). Mes ailes vibrent 250 fois par seconde. Ma vie sera de 40j en été, 6 mois en hiver. Avant de partir je n’irai pas saluer la reine. Entourée de ses dames d’atour, qui la soignent, la nourrissent, la gardent, sa majesté pond un œuf chaque 40 secondes. Je n’aurai pas un regard pour les faux bourdons, ces  mâles qui ne servent à rien ! Ils sont peu nombreux, 2 à 3.000, nous les abeilles sommes 30 à 40.000.

Par leur danse, mes sœurs éclaireuses nous ont indiqué où se trouvent les lieux de récolte. J’ai décollé après avoir agrafé mes deux paires d’ailes. Mon vol peut aller jusqu’à 3 km. Je vais avec ma langue de quelques millimètres, recueillir le précieux nectar. Mon jabot bien rempli, vite à la maison, je transfère ma cueillette à une sœur et repars aussitôt.

J’ai marqué la fleur visitée et n’y reviendrai pas. Mais je ne visiterai qu’une seule espèce de fleur, environ 400 en une journée, ce qui fait que je suis l’auxiliaire indispensable à la pollinisation. 4/5e des fruits et légumes sont pollinisés par nous.

En cette sortie d’hiver – hiver qui n’a pas eu lieu – les colonies de nos îles, en ruches ou sauvages, se portent bien. Elles espèrent que l’utilisation de produits chimiques disparaîtra et que les plantes adventices, qu’on appelait « mauvaises herbes », reviendront dans nos jardins. On redécouvrira alors leur variété et leur beauté, loin de l’insipide gazon dit anglais…

abeille_3Michel Bertrand, « apiculteur amateur contemplatif », selon la jolie formule de Michel Richard

(1) Des lectures m’ont appris que Charlemagne avait imposé à chaque famille d’avoir une colonie d’abeilles ! Cette injonction n’a pas été supprimée mais je ne dénoncerai aucun contrevenant.

(2) Une petite révision s’impose. On a trouvé dans de l’ambre, datant de plusieurs millions d’années, des abeilles fossilisées, leur adaptation à leur ambiance était tellement parfaite que nos « mouches » actuelles paraissent très semblables.