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Nos fouines peu chafouines

Oui, il y a des fouines sur nos îles. Oui, elles y font la chasse aux rats, souris et mulots, que nos chats, trop bien nourris, ignorent. Non, on ne risque pas l’envahissement puisqu’elles vivent solitaires et veillent jalousement leur territoire. Mais, oui, il leur prend parfois, la mauvaise idée de boulotter les durites ou l’isolant des câbles électriques de nos voitures. Et voilà – au moins ? – quinze ans que ça dure…

En septembre 2001, nous hébergions une jeune allemande qui effectuait un stage de fin d’études chez Valéo à Créteil. Un de nos voisins de l’allée Centrale venait de nous signaler que des rats avaient à nouveau grignoté les câbles électriques de sa vieille BMW. «Des rats ?» s’étonna Katrin, «plutôt une fouine ou une martre. Chez nous, en Bavière, c’est tellement fréquent qu’on nous conseille de souscrire une assurance couvrant les dégâts qu’elles peuvent occasionner aux véhicules».

Fouines_2Fouine accidentée, venue mourir au pied d’un tas de bois, rue du Général Marbot (Photo B.Andrieux)

Dès son retour, Katrin nous adressa des informations plus précises sur le sujet. On dénombrait, en Allemagne, un peu plus de 160.000 sinistres de ce type, pour environ 20 M€ de frais de réparation ! Et il ressortait des enquêtes menées dans les Länder les plus concernés, que les fouines appréciaient tout particulièrement le goût des câbles des BMW, et surtout les câbles basse-tension de la série 3 (!). Mais bien d’autres marques faisaient les frais de cette curieuse appétence… Voilà pourquoi sa grand-mère glissait chaque nuit des vieilles chaussures sous sa voiture, un de ses voisins urinait tous les soirs sur son moteur encore chaud, un autre y vaporisait un désodorisant de WC… Grillage, ultrasons, chocs électriques, musique techno, tout avait été tenté avec plus ou moins de succès.

Mais la méthode la plus efficace, et la plus simple, consistait à disposer des boules de naphtaline sous le capot (les braconniers en jettent dans les réserves la veille de l’ouverture de la chasse, car le gibier déteste cette odeur). C’est la méthode que nous utilisons, depuis quinze ans, pour protéger les véhicules de nos visiteurs ; car la fouine, discrète et bien élevée, qui règne sur notre secteur dans l’île Brise-Pain, ne s’est jamais attaquée à nos voitures…. Hélas, notre stock de naphtaline est épuisé et impossible à renouveler. Interdit à la vente depuis quelques années pour raisons sanitaires, ce produit anti-mites est aujourd’hui introuvable…

NOTE : pour en savoir (beaucoup) plus sur ce gracieux commensal, il faut absolument visionner le beau reportage de Marie-Hélène Baconnet

La vie secrète de Tifoune la fouine

Installez-vous confortablement 53 minutes, mais c’est superbe !

Où sont passés les moineaux ?

Il n’y a pas si longtemps que ça, les moineaux conversaient dans nos villes et nos campagnes dans un concert cacophonique permanent. Ces oiseaux, très appréciés par certains, et décriés par d’autres à l’époque parce que bruyants, trop nombreux et « pillant » les champs de céréales, ont finalement presque disparu de certains coins de France. C’est aussi le cas dans notre quartier.moineaux_1

Moineau signifie «petit moine». Cela vient du fait que, comme les moines, il porte sur sa tête une «capuche». Et l’adjectif «domestique» vient du fait qu’il est intrinsèquement lié à la présence de l’Homme. C’est ce qu’on appelle le commensalisme. La vie de ce passereau dépend uniquement de l’habitat, de la nourriture ou des plantations faites par l’Homme, et ce depuis que l’Homme s’est sédentarisé à la préhistoire, devenant agriculteur. Et vous l’aurez compris, si l’homme modifie un des éléments de son environnement, cela impacte nécessairement la vie de ces oiseaux. Jusque là, le moineau s’est adapté aux évolutions de vie des Hommes (urbanisation, maîtrise de la nature, etc.) mais la chute de sa population depuis plus de 30 ans est telle que les scientifiques se penchent sérieusement sur la question. Que se passe-t-il ?

  • Certains chercheurs mettent en avant la disparition de leur habitat et de leurs lieux de nidification tant en ville qu’à la campagne. Les haies bocagères ont largement été arrachées à la campagne à la faveur du remembrement agricole. En ville et dans les jardins, les haies hautes laissent souvent la place au bambou, au brise-vue en bois ou à de petits arbustes ou fleurs. Par ailleurs, les constructions modernes n’offrent pratiquement plus de sites de nidification et les rénovations de bâtiments détruisent les cavités existantes. Le recul des espaces verts diversifiés dans les agglomérations n’offre plus beaucoup d’insectes et de graines aux moineaux qui doivent se rabattre sur les déchets alimentaires humains.
  • En ville, les restes de nourriture trop grasse des humains qu’ingurgitent les moineaux sont trop riches en glucides et trop pauvres en protéines. Cela a pour impact de fragiliser les oisillons (trop gras et trop petits). Il y a donc une surmortalité avant l’atteinte de l’âge adulte.
  • Certains avancent également la pollution sonore. Le bruit de plus en plus présent dans les villes (de plus en plus de voitures, d’habitants, etc.) vient couvrir les piaillements des piafs. La communication passe mal entre les membres du groupe, notamment en cas d’alerte. Leur vigilance diminue. Ils se font plus facilement attraper par les prédateurs (faucons, chats, corneilles, etc.)
  • D’autres évoquent des problèmes liés aux champs électromagnétiques. Cette question qui secoue nos sociétés humaines, entre également dans le débat concernant les moineaux. Les ondes envoyées par les pylônes de téléphonie mobile interféreraient avec leur système nerveux et influeraient sur leur système reproductif. De plus, dans les zones trop exposées, les oiseaux abandonneraient leur progéniture en cessant de les nourrir.moineaux_2
  • Enfin, l‘utilisation de plus en plus présente d’insecticides et d’herbicides tue les ressources en nourriture des oiseaux. Il n’y a plus assez d’insectes et plus de « mauvaises herbes » à graines dont les piafs raffolent. En Grande-Bretagne, l’espèce a dû être placée sur la liste rouge des espèces menacées. En Suisse, la population a baissé de 40% en 30 ans. On pourrait continuer notre tour d’Europe, le constat serait toujours le même. En France, le moineau n’est pas encore considéré en voie de disparition. Il est néanmoins placé sur la liste des espèces protégées.

Aujourd’hui aucune réponse définitive ne peut être apportée mais toutes ces pistes sont sérieuses et continuent d’être étudiées.

Le moustique tigre

Le moustique Tigre (Aedes albopictus) est un moustique venu d’Asie, plus petit qu’une pièce d’un centime. Il se distingue des autres moustiques par son costume noir à rayures blanches sur les pattes et l’abdomen.

C’est de ces couleurs zébrées qu’il tire son nom de « Tigre ». Il se déplace lentement – plus lentement que ses semblables ce qui le rend assez facile à écraser en vol – et il pique principalement en journée.

Moustique_tigreCe moustique Tigre a mauvaise réputation puisqu’en plus de venir vous prélever une goutte de sang, il pourra dans certains cas transmettre la dengue, la malaria, le paludisme et le chikungunya. Rassurez-vous, pour que le moustique Tigre vous infecte d’un de ces virus, il faudra d’abord piquer une personne déjà infectée par la maladie; ce qui, pour le moment, est assez rare en métropole.

Où trouve-t-on des moustiques Tigre ?

Le moustique Tigre aime les marécages et les zones humides. Rappelons-nous que les larves de moustique vivent et grandissent dans l’eau. Arrosoirs, soucoupes de pots de fleurs, descentes de gouttières, égouts, creux d’arbres, vieux pneus, bassins divers, fûts d’eau de pluie, etc…. de très nombreux endroits parfois insoupçonnés vont donc être propices à la ponte.

Le mieux est donc de passer régulièrement le jardin au peigne fin pour les éliminer. Pour les réservoirs d’eau  tels que les puits, mares ou les piscines hors d’usage (celles en fonction ne sont pas propices à la ponte), pensez à mettre des larvicides.

Le Tigre à Créteil

Habitants de Créteil, apprenez que le moustique Tigre a élu domicile dans votre quartier. Un spécimen a été repéré le mercredi 19 août 2015 dans les jardins familiaux rue de la Prairie à Créteil.

Mais bonne nouvelle : le « Tigre » est paresseux et se déplace peu, autrement dit, celui qui vous piquera viendra de votre jardin ou au pire de celui de votre voisin. Raison de plus de prendre les mesures qui conviennent !

Quelle protection ?

La meilleure des protections est la moustiquaire en rideau autour du lit ou aux fenêtres. En journée préférez des vêtements longs, amples et clairs car étrangement le Tigre aime les couleurs foncées !

Côté répulsif, le DEET (Diethly Toluamide) semble efficace tout comme l’IR3535 qui est également réputé contre les tiques, les taons, les guêpes et les abeilles. Dans tous les cas respectez scrupuleusement les précautions d’emploi (certains produits sont contre-indiqués pour les enfants ou les femmes enceintes) et n’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

Vous avez vu un moustique Tigre près de chez vous ? Signalez-le sur le site: www.signalement-moustique.fr

Moustique_Tigre_Carte

Nettoyage du Bras : petite sociologie des déchets

C’est le samedi 05 septembre dernier, qu’un petit nombre de bénévoles s’est retrouvé aux alentours de 9 heures pour faire le deuxième nettoyage de l’année. Le premier avait eu lieu au mois d’avril.

Des membres de l’ASBCA, des pêcheurs de la Goujonnette, des jardiniers de la rue de la Prairie et des habitants du quartier ont chaussé les bottes, enfilé les gants et se sont armés de coupe-branches, de grappins et de sacs poubelles pour venir à bout du moindre déchet. Et tous ces déchets en disent long sur les activités humaines qui se déroulent le long du bras.  NB_1 Trois activités essentielles : l’apéro, le pique-nique et la satisfaction de besoins naturels. De nombreux amas de bouteilles et de cannettes de bière, de champagne, de sodas ainsi que des emballages en plastique de gâteaux apéritifs et de barres chocolatées ont été ramassés. Nous avons également trouvé des emballages de sandwich et des couverts en plastique. Et enfin, beaucoup de lingettes et de mouchoirs en papier ont rempli nos sacs poubelles. Et plus nous nous approchions des ponts, plus il y avait de déchets.

Voici la durée de vie de certains déchets dans la nature :

  • Mouchoir en papier – 3 mois
  • Papier de bonbon – 5 ans
  • Cannette en aluminium – de 200 à 500 ans
  • Lingette – 450 ans
  • Sac en plastique – 450 ans
  • Bouteille en plastique – de 100 à 1000 ans
  • Verre – 4000 à 5000 ans
  • Pneu – non biodégradable

NB_2Il est important de signaler que des déchets de construction ont également été abandonnés sur les rives (sacs de plâtre vides, gravats, etc.) mais toujours près des poubelles publiques, alors que la législation impose le dépôt de ces détritus en déchetterie.

Cette fois encore, de « grosses prises » au NB_3menu puisqu’il a été remonté du fond du bras, près du pont Noël, une chaise de salon de jardin, des pneus brûlés et un cadre de scooter. Objets volés ? Ou « jeu » pour des enfants en mal de sensations ? Effectivement un habitant a récemment permis d’éviter que des enfants jettent par-dessus le pont Noël un caddie « emprunté » dans une supérette de Créteil Village. Ces enfants voulaient «  s’amuser » !

Ces gros objets sont toujours repêchés près des ponts, là où d’autres enfants bravent les  interdictions de se baigner et plongent des passerelles sans mesurer le danger qui gît parfois sous leurs pieds. Le nettoyage du bras n’est donc pas seulement un acte d’amélioration du cadre de vie ou un acte écologique. C’est aussi un acte de sécurisation essentiel.

Le prochain nettoyage aura lieu le 2 avril 2014 à partir de 10h, tous les courageux et amoureux de la nature sont cordialement invités à y participer. Les informations sur l’évènement sont disponible sur >>>ICI<<<

Belette, Hermine, Fouine, Martre, Loir : quelles différences ? (2/2)

martreMartre

La martre des pins, plus communément appelée martre (ou marte), mesure de 46 à 65 cm. Son pelage est proche de celui de la fouine mais il existe quelques différences. Il est brun-chocolat avec une tête plus claire et des pattes et une queue plus foncées. La gorge, le poitrail et le haut des pattes avant sont jaunes-orangés. Sa queue est touffue et assez longue (entre 17 et 28 cm).

La martre, nocturne et crépusculaire, mange des rongeurs, des oiseaux, des insectes, des mollusques, des fruits et parfois même des chauves-souris. Elle n’est pas inscrite sur la liste des animaux nuisibles du Val-de-Marne. Elle n’est de toute façon que très rare dans la région puisqu’elle fuit les zones trop urbanisées et préfère de loin les forêts.

Son espérance de vie est en moyenne de 3 à 4 ans mais peut aller jusqu’à 11 ans en liberté et 18 ans en captivité.

loirLoir

Le loir n’a rien à voir avec tous les animaux cités précédemment. Il fait partie de l’ordre des rongeurs (famille des gliridae) quand les autres font partie de l’ordre des carnivores (famille des mustélidés). Il est d’ailleurs beaucoup plus petit (14 à 20 cm). Son pelage est gris avec un cercle noir autour de l’œil et des joues et un ventre blancs. Sa queue est touffue et grise. Elle mesure entre 11 et 19 cm, soit presque autant que son corps.

Nocturne, le loir est omnivore. Sa nourriture est essentiellement constituée de graines, de fruits, de fleurs, de bourgeons, de champignons mais également d’insectes et de mollusques. Il lui arrive, mais c’est rare, d’attraper des oisillons dans les nids.

Espèce protégée dans toute l’Europe, le loir a la particularité d’hiberner. Il se prépare en s’engraissant un maximum et en stockant un peu de nourriture avant de « s’endormir » en octobre et de « revenir à la vie » en mars ou avril. Il arrive que l’animal entre dans les maisons ou « squatte » un nichoir. Il peut vivre jusqu’à 7 ans environ.