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Incroyables comestibles

« La nourriture en partage », tel est le credo de ce mouvement participatif citoyen qui cherche à renouer contact avec la terre nourricière mais aussi, par ricochet, à renouer des liens entre les gens eux-mêmes. C’est précisément ce qui s’est passé dans la matinée du samedi 18 mars dernier, du côté du pont Noël. Des personnes sont arrivées, par deux, par trois, par six, l’une portant un sac rempli de graines, l’autre des plantoirs et des binettes, une troisième équipée d’un arrosoir.

Une véritable opération commando en marche !

Leur mission : ensemencer trois gros bacs en pierre jusque-là colonisés par des herbes folles, dans le petit sentier reliant la rue du Moulin-Berson au chemin du Bras du Chapitre. À toi les radis et les pois ; à moi tomates cerises et aubergines. Les voilà courbés, mains dans la terre, toutes générations confondues, portés par l’espoir de voir bientôt germer ces graines, puis de voir grandir les pousses et fructifier les plants. La presse
municipale était là, pour immortaliser l’instant. Des membres d’associations d’autres quartiers cristoliens aussi, pour en prendre de la graine, pardi ! Sûr que nous allons les bichonner nos p’tits bacs gourmands : un arrosage par-ci, un désherbage raisonné par là.

Rendez-vous dans quelques mois, pour partager la récolte.
Pour plus d’infos, voir le site lesincroyablescomestibles.fr

Les boîtes noires de Cawa Sorix

Ce mammifère volant est confronté bien malgré lui à tout un tas de rumeurs, de peurs et d’idées reçues. Il s’attaque aux hommes pour se nourrir en les mordant et en suçant leur sang. Il s’accroche aux cheveux. Il ravage les endroits où il élit domicile et prolifère à vitesse grand V… Bien entendu, il n’est rien de tout cela !

Chauve-souris est un mot composé issu du bas latin « cawa sorix » qui signifie « chouette souris ». On comprend mieux le lien que l’homme voyait dans cet animal, entre l’oiseau et le mammifère. Puis la langue évoluant au fil des siècles, « cawa sorix » s’est transformé en « calves sorices » qui signifie chauve-souris. Calvus a donné « chauve » ou « calvitie ».

La chauve-souris n’est pas chauve, on l’aura compris par son étymologie. Mais elle n’est pas non plus une souris. Elle n’appartient d’ailleurs pas à la famille des rongeurs mais à la famille des chiroptères (chiro- se rapportant à la main et –ptère aux ailes). C’est un mammifère qui compte plus d’un millier d’espèces dans le monde. C’est le 2ème ordre après les rongeurs. Il en existe partout sur la planète sauf dans les zones trop froides.

L’animal est essentiellement nocturne. En Europe, il se nourrit d’insectes (moucherons, moustiques et autres nuisibles) et peut, pour certaines espèces, se diriger par écholocalisation, essentiellement pour chasser. Ce système lié à son oreille interne fait qu’une chauve-souris ne se jettera pas sur vous ou dans vos cheveux. Le reste du temps la chauve-souris utilise sa très bonne ouïe et sa vision adaptée aux sorties nocturnes. Les  chiroptères n’aiment ni le froid, ni les courants d’air. C’est pour cette raison qu’ils s’abritent dans des endroits  secs et isolés comme les grottes, les dessous de toiture de granges ou de clochers, les trous dans les vieux arbres. C’est aussi pour cela qu’ils hibernent.

Loin de pulluler, la chauve-souris ne fait qu’un petit par an. Les colonies ne se peuplent pas très rapidement. Ajoutons à cela la diminution du nombre d’insectes et la disparition de son habitat, et tous les ingrédients sont réunis pour placer la chauve-souris parmi les espèces en déclin, voire en menace de disparition, en tout cas en France.

Certains refusent cette fatalité. Et notamment sur nos rives de Marne. Le long du Bras du Chapitre, des boîtes d’accueil ont été installées pour héberger ces hôtes si utiles. Elles sont en haut des troncs d’arbres. Et elles sont noires forcément, puisque c’est la couleur que nous associons à ces mammifères volants.

L’utilité de ces abris a été prouvée à plusieurs reprises. Des expériences ont par exemple été menées en Floride aux Etats-Unis en aménageant des espaces dédiés à cet animal. Les résultats sont impressionnants. Non seulement les chauves-souris sont revenues mais elles ont permis de réguler les populations d’insectes. Le fléau des moustiques qu’a connu cet État américain a alors cessé. Et des économies substantielles ont été réalisées en stoppant l’utilisation des produits chimiques insecticides.

Le port de Bonneuil centenaire

Sitôt franchie l’écluse de Créteil, les mariniers longent nos îles avant de s’engager dans une des darses du plus grand port fluvial d’Île-de-France après celui de Gennevilliers : 198 hectares et 4km de quais. Le port de Bonneuil, qui vient de fêter son centenaire, peut accueillir des bateaux de 1.200 tonnes, des convois poussés jusqu’à 2.500 tonnes et des trains de 850m de long. Un peu plus de 4 millions de tonnes de marchandises y transitent chaque année, dont 1 million de tonnes par voie d’eau et autant par voie ferrée.

Profitant des journées du patrimoine, le port de Bonneuil a joyeusement fêté son centième anniversaire, le 17 septembre dernier. Les stands des entreprises et des associations partenaires (dont ceux des associations nautiques de nos îles : le Yacht-Club de notre petit port de plaisance et les clubs de voile et de Canoë-kayak de l’US Créteil) étaient regroupés le long du quai du Rancy, à l’entrée de la darse Sud. Les visiteurs étaient invités à y déambuler, puis à embarquer à bord du « Francilien », le bateau à passagers du Conseil départemental du Val-de-Marne, ou à bord du remorqueur historique des « Amis du musée de Conflans », le « Triton », pour partir à la découverte du grand port.

Le soir de l’événement, un film d’une trentaine de minutes, projeté en plein air sur la façade d’un hangar, retraçait l’histoire de ce port construit rapidement à Bonneuil pendant la Grande Guerre. L’armée avait choisi  cet endroit – relié à la Seine et idéalement placé à proximité d’une ligne de chemin de fer – pour alimenter en munitions le front de la Marne. Dès octobre 1916, et jusqu’à l’Armistice, on y chargera, 24h sur 24, du matériel militaire et du charbon (800.000 tonnes en 1918 !). Puis le port végètera, et il faudra attendre le début des années 1960 et sa reprise par « Port de Paris » (aujourd’hui « Haropa-ports-de-Paris ») pour que l’activité portuaire redémarre et se développe…

Des croisières de découverte du port de Bonneuil (1h30mn à bord du « Rocca V » de « Nayptune-Marne-Croisière ») seront à nouveau organisées l’an prochain par le Comité du tourisme du Val-de-Marne.  L’embarquement se trouve à l’entrée du port, au bout du quai du Rancy.

Inscriptions, dates et horaires auprès du Comité départemental de tourisme
Tél. : 01 55 09 16 20 – www.tourisme-valdemarne.com

Les inondations de juin

Le vendredi 3 juin dernier, les îles Sainte-Catherine et Brise-Pain et le chemin du Bras du Chapitre grouillaient d’agitation. Ici des pompes tentaient de contenir la montée des eaux dans une cave, là des voisins solidaires essayaient de mettre à l’abri des meubles. La Marne en crue s’invitait dans nos jardins, nos caves, nos rues et, pour certains, dans nos maisons, rappelant, s’il le fallait, que les riverains des bords de Marne vivent en zone inondable…
Durant toute cette journée, une belle solidarité s’est mise en place. Sur les îles, la rue des Uzelles est devenue le carrefour des rencontres et le lieu d’un pique-nique improvisé. Chacun y propose son aide. Le maire y passe avec ses adjoints et fait intervenir les équipes techniques de la ville. Sur le Chemin du Bras du Chapitre, on voit apparaître des parpaings et des poutres pour permettre la circulation des piétons.
Plusieurs mois ont passé depuis cet évènement exceptionnel – rappelons que les dernières crues de cette ampleur remontent à 1982. Rapidement après la crue, la Mairie s’est mobilisée et a obtenu pour la commune le classement de l’événement en catastrophe naturelle, ce qui a limité l’impact financier des remises en état.
 
Et comme beaucoup, l’équipe de rédaction de la Gazette a tenté de tirer les leçons de cette montée des eaux imprévues et vous propose de télécharger une brochure sur le site de l’ASBCA. Vous y trouverez les numéros d’urgence, les outils pour s’informer en cas de crue, l’attitude à suivre avant, pendant et après une crue. La mise à disposition de ce document au format électronique se veut écologique (moins de papier). En effet, plusieurs de nos lecteurs ne sont pas (et heureusement) concernés par les inondations. Elle permettra également de faire évoluer cette littérature si vos remarques ou commentaires permettaient de l’enrichir ou la corriger.

Une hausse en parpaings pour les ruches de la Guyère

Sur l’île de la Guyère – la plus basse des quatre dans sa partie avale – 150 à 200.000 ouvrières risquent la noyade. Mai et juin sont les plus gros mois de production pour les abeilles. Leur population a été multipliée par cinq depuis l’hiver, et les ruches de Christophe et de Michel sont menacées de submersion. Mais, pas question de déplacer les ruches de plus d’un mètre, car les butineuses mémorisent leur emplacement avec une très grande précision. Au delà d’un mètre, elles ratent la planche d’envol au retour, se perdent et meurent.
Christophe Prieur et son fils au chevet de leurs abeilles
(Photo Michel Richard)

Il ne restait donc qu’une solution aux deux apiculteurs amateurs : enfiler des cuissardes, revêtir leurs combinaisons intégrales, et monter au plus vite leurs ruches sur des parpaings… Quelques abeilles, désorientées par cette surélévation, ont plongé et se sont noyées. Mais les colonies ont été sauvées, et la récolte, quoique moindre que l’an passé, était, nous dit-on, d’excellente qualité !

Nettoyage du bras du Chapitre : une 1ère expérience

Le nettoyage du Bras du Chapitre réunit 2 fois par an des bénévoles venus des îles, du chemin du Bras du Chapitre, mais également de Créteil Village ou des amoureux des environs. Voici le témoignage d’un habitant participant pour la 1ère fois à l’opération.

J’arrive à neuf heures du matin. Il y a peu de monde au rendez-vous. Ce nettoyage est, paraît-il, moins fréquenté que le précédent. J’ai pourtant un premier étonnement : des personnes n’habitant pas le voisinage se propose de participer.

Ce matin, les conditions climatiques sont avec nous. Munis de gants et d’un sac poubelle, nous débutons, avec ma fille de 3 ans, la collecte des déchets sur les berges du Bras du Chapitre. Elle y met tout son cœur.

Les reliquats du passage de l’homme se répandent le long de la berge. J’éprouve un sentiment ambivalent entre dégoût et plaisir de remplir mon sac avec un maximum de détritus. Au bout d’une heure, nous avons rempli un premier sac que l’on dépose dans la benne prévue à cet effet. On repart à l’ouvrage en souhaitant malicieusement en remplir un second tout aussi rapidement.

Progressivement, quelques embarcations se manifestent pour un nettoyage côté rivière ; on peut même observer une pêche insolite par des hommes munis de grappins au bout d’une chaîne afin de récolter, à l’aveugle quelques ordures sous Une fois les déchets d’origine humaine ramassés, je décide modestement de participer à l’arrachage de l’importune renouée du Japon, plante dont je découvre l’existence (ndlr voir gazette n°33). Après 3 heures d’effort, la matinée s’achève, rassérénée, sur un casse-croûte bien sympathique avec l’ensemble des participants

En dehors de son utilité évidente, le nettoyage du Bras du Chapitre ne connaît pas l’ennui, il allie activité physique, une meilleure connaissance de notre environnement et convivialité. Je participerai au prochain.